Élections2015

Élections 2015: Comparaison des plateformes économiques

Élections fédérales 2015 : Mon évaluation des plateformes économiques

Frédéric Laurin, PhD en économie
Professeur en économie, Département des sciences de la gestion, Université du Québec à Trois-Rivières, Chercheur, Institut de recherche sur les PME (INRPME)

Voici une analyse des engagements électoraux en matière de développement économique des quatre grands partis politiques fédéraux se présentant aux élections du 19 octobre prochain.

Je donne une note sur 10 au programme de chaque parti selon la capacité de ses engagements électoraux à concrètement et efficacement améliorer la situation économique du Canada en matière de développement économique.

Pour certaines mesures, j’ajoute aussi un commentaire éditorial en caractère italique.

Évidemment, c’est comme un bulletin scolaire : pour justifier le vote d’un électeur, il ne faut pas seulement avoir une bonne note dans une matière (l’économie), mais dans l’ensemble des matières.

Mise en garde : il y a d’autres thèmes extrêmement importants dont on doit tenir compte pour faire un choix éclairé aux élections du 19 octobre (le Canada dans le monde, l’environnement, la démocratie, la lutte contre la pauvreté, etc.). On pourra dire que tous ces sujets affectent l’économie d’une façon ou d’une autre. Mais je me concentre uniquement sur les aspects de développement économique parce que 1) je n’ai pas les compétences pour procéder à l’analyse des autres sujets; je laisse à d’autres commentateurs le soin de le faire; 2) je n’ai pas le temps de décortiquer l’ensemble des plateformes électorales au-delà de l’aspect développement économique.

Mes commentaires et la note
Résumé des plateformes
Les plateformes par thèmes économiques

Mes commentaires et la note

Note sur 10 Commentaires
 PC  

6.8/10

Rien de bien nouveau ou d’original au PC : continuation de la politique économique menée depuis 10 ans.

Le plan est essentiellement basé sur des baisses et des crédits d’impôts.

Mais les entreprises du Canada bénéficient déjà de l’un des taux d’imposition les plus bas parmi les pays développés. Je ne vois pas comment une stratégie essentiellement basée sur des allégements fiscaux va contribuer à relancer l’économie canadienne et la projeter dans l’économie du savoir du 21ième siècle.

Depuis son arrivée au pouvoir, le PC n’a aucune réelle stratégie industrielle autre que les baisses d’impôts. Résultat : il suffit d’une baisse des prix du pétrole pour entraîner le Canada en récession.

Mes analyses Twitter des budgets du gouvernement Harper montre l’absence d’une stratégie économique globale, les budgets se résumant souvent à une longue série de petites mesures visant à favoriser des micro-clientèles ciblées.

Le PC est un parti de droite. On ne s’attend pas de lui une implication forte dans les marchés économiques. Mais, pour prendre une analogie de hockey, on ne lui demande pas de jouer sur la patinoire, mais simplement de tracer une stratégie générale pour l’équipe, pour que les joueurs puissent jouer avec cohérence.

Donc, une stratégie pour que le Canada devienne un leader de l’innovation et de la R&D, et non pas un pays juste bon à extraire des ressources naturelles.

Si vous êtes de droite politiquement ou économiquement, le programme du PC, très cohérent dans sa logique, n’est pas strictement mauvais. Mais dans l’absence d’une stratégie industrielle et d’innovation claire, je donne une note à peine au-dessus de la note de passage.

 PLC  

7.7/10

C’est assez audacieux de proposer un déficit budgétaire – même modeste – pendant les trois prochaines années, de façon à augmenter les investissements.

Le PLC serait-il en train de passer à la gauche du NPD? Augmentation des impôts des plus riches, pluie de nouvelles dépenses, déficits budgétaires, investissements massifs dans divers domaines, etc.!

Promettre et dépenser : le retour des vieillesses recettes, comme l’évoquait le journaliste de La Presse Yves Boisvert lors du débat des chefs à Radio-Canada? Peut-être.

Sauf que, dans les vieilles recettes, les gouvernements s’endettaient pour payer la « liste d’épicerie », c’est-à-dire les dépenses courantes.

Mais un investissement, ce n’est pas une dépense. Car il est certain que le gouvernement doit accélérer ses investissements dans le tissu économique du Canada, y compris dans le transport collectif, l’innovation et les infrastructures vertes. Le plan libéral répond à cette exigence.

Mais est-ce nécessaire d’être au prix d’un déficit budgétaire, alors que l’on vient à peine d’atteindre l’équilibre budgétaire après 8 ans d’endettement?

Tout dépend en fait de l’état de l’économie dans les prochains mois. Si la récession persiste, le gouvernement va se diriger vers un déficit budgétaire de toute façon, peu importe le parti et leurs promesses. Dans ce cas, les investissements massifs des Libéraux pourraient avoir un effet bénéfique en relançant l’économie pour éviter qu’elle ne s’enfonce davantage dans la récession.

Le PLC propose d’ailleurs une proposition intéressante et originale : créer une Banque de l’infrastructure du Canada, permettant aux municipalités canadiennes de bénéficier des faibles taux d’intérêt du gouvernement canadien.

Les plans des Libéraux et du NPD sont globalement très similaires. Mais je donne une note très légèrement supérieure aux PLC pour tenir compte de leur stratégie un peu plus audacieuse et originale (mais de très peu).

 NPD  

7.4/10

Le NPD propose un plan économique très cohérent et solide, mais assez modéré, ce qui place le parti résolument au centre-gauche sur l’échiquier politique. Le plan économique est à l’image d’un parti qui aspire au pouvoir. Absolument rien pour engendrer des catastrophes économiques, contrairement à ce que laisse entendre M. Harper.

Le plan inclut des mesures très classiques d’un parti de centre-gauche: investissements dans les infrastructures, le transport en commun, et plusieurs secteurs économiques (automobiles, aérospatial, bois, tourisme, etc.), salaire minimum fédéral, assurance médicaments universelle, programme national de garderies, augmentation des taxes sur les grandes sociétés, etc., le tout sans déficit budgétaire.Ceci dit, outre l’ampleur des investissements en infrastructure et le déficit public, le plan du NPD est très similaire à celui des Libéraux, d’où une note presque similaire, mais peut-être avec un petit peu moins d’audace ou d’originalité.

 BQ  

5/10

Le Bloc québécois n’a pas vocation à prendre le pouvoir. Il ne présente donc pas une stratégie économique complète et détaillée.

Plutôt, il évoque quelques mesures et revendications qui touchent le Québec et qui sont, pour la plupart, très pertinentes. Mais ce n’est pas suffisant pour former un plan économique cohérent.

De nombreuses propositions qui apparaissent aussi dans le programme d’autres partis de gauche (Libéraux, NPD, Verts).

 Parti vert  

6.5/10

Comme il fallait s’y attendre, le programme du PV s’articule surtout autour du concept de développement durable. Comme le montre les exemples de l’Allemagne, les pays scandinaves ou les États-Unis, le passage vers une économie durable crée des emplois et de la richesse. Le plan économique du PV repose sur ce principe.

Mais comme le Bloc québécois, le PV n’est pas un parti qui a vocation à prendre le pouvoir le 19 octobre prochain. Ainsi, la stratégie économique du PV, bien qu’intéressante, est beaucoup plus incomplète que les grands partis.

Il y a quelques éléments originaux, tels l’impôt négatif (recommandé par plusieurs économistes) et cette idée de « rente » sur le carbone qui est directement retournée aux contribuables.

Mais j’aurais préféré un système comme en Norvège où les taxes sur le carbone sont plutôt investies dans des projets de long terme, pour que les revenus provenant du pétrole puissent bénéficier à plusieurs générations.

Enfin, cela m’amuse de noter que le PV compte sur les « plombiers, les électriciens et les charpentiers » pour créer des emplois durables et dynamiser l’économie canadienne. Pourquoi ces métiers plus spécifiquement que d’autres?

Résumé des programmes

Note/10

7/10

7.6/10

7.4/10

5/10

6/10

  PC PLC NPD BQ Parti vert
Résumé Tout est basé sur trois éléments :

1. Baisse de la fiscalité

2. Maintien de l’équilibre budgétaire

3. Investissements ciblés

L’objectif du PC est de créer 1,3 millions d’emplois d’ici 2020.

Le « Plan » économique libéral vise essentiellement à augmenter les investissements dans les infrastructures :

· Transport collectifs
· Infrastructures vertes
· Infrastructures sociales

Près de 6 milliards de dollars supplémentaires au cours des quatre prochaines années, et 20 milliards sur 20 ans.

En contrepartie, le PLC prévoit un déficit de moins de 10 milliards de dollars au cours des deux prochains exercices financiers pour pouvoir financer cette augmentation des investissements en infrastructures.

La stratégie économique du NPD repose essentiellement sur des investissements en infrastructures et en transport en commun, financés notamment par une hausse des impôts sur les grandes sociétés. Donc, le NPD maintiendrait l’équilibre budgétaire. · Appuyer des secteurs économiques importants pour le Québec (industries forestière, bois, voitures électriques, etc.)

·  Plan d’investissement dans les infrastructures: 10 milliards par année

·  Augmentation du taux d’imposition des banques et des grandes sociétés.

 

·  Établir un Fonds canadien des générations durable.

· Instaurer un Revenu de subsistance garanti (RSG) pour lutter contre la pauvreté.

· Plan de rente et dividende du carbone. Il s’agit de fixer une sorte de « taxe » (que le PV appelle une « rente ») sur le carbone et ces revenus seront retournés directement dans les poches des Canadiens de plus de 18 ans.

 

Les plateformes par thèmes économique


Infrastructures
Équilibre budgétaire
Impôts et taxes
Innovation et formation
Emploi
PME
Économie et environnement
Stratégie manufacturière et autres secteurs

Thèmes
PC PLC NPD BQ Parti vert
Infrastructures Continuation des investissements prévus dans le programme d’infrastructure.

Le dernier budget conservateur avait déjà prévu des augmentations des investissements en infrastructures.

Infrastructures : Près de 6 milliards de dollars supplémentaires au cours des quatre prochaines années, et 20 milliards sur 20 ans :

·  Transport collectifs (quadrupler les investissements).

·  Infrastructures sociales (logements abordables, établissements pour personnes âgées, pour l’apprentissage préscolaire et la garde d’enfants, loisirs et culturelles).

·  Infrastructures vertes

Création d’une Banque de l’infrastructure du Canada (BIC). Vise à aider les municipalités à obtenir du financement aux mêmes taux d’intérêt très bas du gouvernement fédéral. La BIC émettra une obligation « verte » pour appuyer de petits et grands projets d’énergie renouvelable

Idée assez originale du PLC concernant la création d’une Banque de l’infrastructure du Canada. Permet aux municipalités de faire des emprunts pour investir dans les infrastructures aux mêmes taux d’intérêt très bas du gouvernement fédéral. Les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas depuis de nombreuses décennies. M. Trudeau a raison de dire que c’est le meilleur temps pour investir, d’abord compte tenu de ces taux d’intérêt historiquement bas, deuxièmement parce que les infrastructures canadiennes vieillissent rapidement (exemple : Pont Champlain qui tombe!), et troisièmement parce qu’une récession pointe le bout du nez et qu’il serait alors raisonnable d’insuffler à l’économie canadienne un petit stimulant économique. Mais de là à créer un déficit budgétaire?

Infrastructures : 1,5 milliard par année pour les infrastructures sur 20 ans.

« Plan Mulcair » pour le transport en commun : 1,3 milliard par année pour le transport en commun sur 20 ans.

Verser une partie de la TPS aux municipalités pour les aider à investir dans les infrastructures.

 

 

Création de la Société de financement des infrastructures environnementales. Permet de financer les infrastructures sans augmenter le déficit direct du gouvernement, et d’éviter les interférences politiques et les négociations interminables.10 milliards $ par an.

 

 

Le Fonds canadien des générations durable (voir plus haut) va financer des investissements dans des infrastructures vertes et les infrastructures dans les villes. 6,4 milliards $ par an.

Transfert d’un point de pourcentage de la TPS aux municipalités pour financer leurs infrastructures.

Création d’une Banque canadienne pour les infrastructures.

Pont Champlain Pas de péage sur le nouveau Pont Champlain

Financement en partie d’un système léger sur rail sur le nouveau pont Champlain + navette rapide vers l’aéroport de Montréal.

S’oppose au péage sur le nouveau Pont Champlain. S’oppose au péage sur le nouveau Pont Champlain et exigera du fédéral qu’il verse au Québec les fonds nécessaires pour mettre en place un train léger électrique sur le pont.
Équilibre budgétaire Maintien de l’équilibre budgétaire qui a été atteint cette année. Modeste déficit à court terme de moins de 10 milliards de dollars au cours des deux prochains exercices financiers pour pouvoir financer l’augmentation des investissements en infrastructures. Maintien de l’équilibre budgétaire. Déficit en 2015-2016 et des surplus budgétaires les deux années suivantes. Surplus budgétaires.
Impôts sur les grandes entreprises Maintenir une taxation basse. Rien de prévu. Hausse du taux d’imposition des grandes entreprises de 15% à 17 %. Hausse du taux d’imposition des grandes entreprises de 15% à 16,5%. Hausse du taux d’imposition des grandes entreprises de 15% à 19% (niveau d’avant 2009).
CELI et fractionnement du revenu Maintien de l’augmentation de la limite du CELI. CELI : annulation de la hausse de la limite du CELI.

Annulation du fractionnement du revenu familial.

Le gouvernement Harper vient de hausser la limite d’un CELI à 10 000$.

 Pour le PLC, le NPD et le Bloc, la hausse de la limite du CELI et le fractionnement du revenu sont apparentés à des réductions d’impôts pour les plus riches. Ils souhaitent donc abolir ces mesures.

CELI : annulation de la hausse de la limite du CELI.

Annulation du fractionnement du revenu familial.

Le gouvernement Harper vient de hausser la limite d’un CELI à 10 000$.

 Pour le PLC, le NPD et le Bloc, la hausse de la limite du CELI et le fractionnement du revenu sont apparentés à des réductions d’impôts pour les plus riches. Ils souhaitent donc abolir ces mesures.

CELI : annulation de la hausse de la limite du CELI.

Annulation du fractionnement du revenu familial.

Le gouvernement Harper vient de hausser la limite d’un CELI à 10 000$.

 Pour le PLC, le NPD et le Bloc, la hausse de la limite du CELI et le fractionnement du revenu sont apparentés à des réductions d’impôts pour les plus riches. Ils souhaitent donc abolir ces mesures.

Élimination du fractionnement du revenu pour tous à l’exception des retraités.
Taxations et impôts Loi contre les hausses d’impôts et de taxes.

 Ça m’étonnerait que le PC tienne vraiment cette promesse. Le pouvoir de taxation est l’un des plus importants d’un gouvernement. Il serait étonnant qu’un gouvernement se départisse de la possibilité de pouvoir augmenter les taxes et les impôts lorsque les circonstances économiques l’exigent.
Classe moyenne : baisse du taux d’imposition de la classe moyenne. La tranche d’imposition passera de 22 % à 20,5 %).

Hauts revenus : introduire une nouvelle tranche d’imposition de 33 % pour les revenus de plus de 200 000 $ (les 1% les plus riches).

Bonifier le Supplément de revenu garanti.

Lutte contre les échappatoires fiscales.

Le PLC augmente l’impôt des plus riches (au-dessus de 200 000$) et baisse celui de la classe moyenne.

Pas de changement sur la fiscalité des individus.

Supprimer la déduction pour les options d’achat d’actions.

 

 

 

 

Lutte contre les échappatoires fiscales.

 

 

 

 

 

 

 

 

Lutte contre les échappatoires fiscales.

 

Bas revenus : élimination de l’impôt pour les particuliers dont le revenu est inférieur au seuil de faible revenu de 20 000 $.

Impôt sur les successions de 1 M$ ou plus.

 

 

Lutte contre les échappatoires fiscales.

Plan de rente et dividende du carbone. Il s’agit de fixer une sorte de « taxe » (que le PV appelle une « rente ») sur le carbone et ces revenus seront retournés directement dans les poches des Canadiens de plus de 18 ans.

Mais j’aurais préféré un système comme en Norvège où les taxes sur le carbone sont plutôt investis dans des projets de long terme, pour que les revenus provenant du pétrole puissent bénéficier à plusieurs générations.

 

Instaurer un Revenu de subsistance garanti (RSG) pour lutter contre la pauvreté. Le RSG remplacerait les transferts fédéraux pour l’aide sociale, le soutien aux personnes handicapées, la Sécurité de la vieillesse (SV), le Supplément de revenu garanti (SRG) pour les aînés, la Prestation fiscale canadienne pour enfants (PFCE), le Supplément de la prestation nationale pour enfants (SPNE) pour les parents avec enfants et la Prestation fiscale pour le revenu gagné pour les pauvres.

Il s’agit d’un impôt négatif. En haut d’un certain niveau de revenu, on paie de l’impôt, mais sous ce niveau, on reçoit un revenu garanti.

Innovation Voir stratégie manufacturière ci-dessous. Nouveau programme d’innovation : 200 millions de dollars par an.

Programme d’aide à la recherche industrielle : 100 millions de dollars par an.

 

Nouveau crédit d’impôt à l’innovation.
Éducation post-secondaire Frais de scolarités postsecondaires :

·  réduire les taux d’intérêt sur les prêts fédéraux

· accroître le nombre de bourses offertes au niveau fédéral (250 millions $ de plus).

Frais de scolarités : annuler les droits de scolarité au collège et à l’université.
Formation de la main-d’œuvre  Le crédit d’impôt pour la création d’emplois d’apprentis va augmenter de 2 000 $ à 2 500 $, et être prolongé aux troisième et quatrième années de la formation en apprentissage. Programmes de formation : hausse de 750 millions de dollars par an dans divers programmes de formation (en coopération avec les provinces).

Hausse de l’investissement dans la formation professionnelle.

Élargir l’accès aux formations professionnelles (créer au moins 90 000 opportunités de formation et de transition au travail). Dynamiser l’accès aux programmes d’apprentissage dans les métiers clés, dont : l’électricité, la plomberie, la charpenterie, la tuyauterie et le soudage.

Les charpentiers au secours de l’économie canadienne??

Emploi chez les jeunes Stratégie d’emploi pour les jeunes : 1,3 milliard de dollars sur trois ans dans la création d’emplois et de débouchés pour les jeunes. Toutes une série de mesures financières qu’il serait impossible de résumer ici. Bonification de programmes existants pour les jeunes et pour la formation.

 

Créer de nouveaux débouchés pour 40 000 jeunes

· emploi, stage rémunéré ou poste en alternance travail-études. En partenariat avec l’industrie, les PME, les ONG et l’administration publique

· créer des postes d’apprentis dans les projets fédéraux d’infrastructures

Crédit d’impôt pour jeune diplômé en région.
Emploi Objectif : créer 1,3 millions de nouveaux emplois d’ici 2020. Annuler les changements apportés à l’assurance-emploi par le gouvernement Harper et développer un système d’assurance-emploi plus versatile et accessible.

Congé parental et assurance-emploi : assouplir les critères pour rendre le congé plus flexible.

Soins de compassion  et assurance-emploi : accès élargi aux prestations de compassion (pour les gens dont les proches souffrent de maladies graves).

 

 

 

 

 

 

Congé parental: aider les parents en leur offrant des congés parentaux plus longs.

Soins de compassion : pour les gens dont les proches souffrent de maladies graves.

Augmenter le salaire minimum fédéral.

Élaborer un Plan national de création d’emplois durables, visant à « lancer une armée de charpentiers, d’électriciens et d’entrepreneurs pour améliorer l’efficience énergétique des immeubles ».

Et bien, on aime les plombiers et les électriciens au PV!

Accès à la propriété Objectif : vise à ajouter plus de 700 000 nouveaux propriétaires d’ici 2020.

Plan d’allégement fiscal.

Augmenter le Régime d’accession à la propriété de 25 000 $ à 35 000 $.

Nouveau Crédit d’impôt pour la rénovation domiciliaire.
Création du Crédit d’impôt pour l’achat d’une première habitation – un crédit d’impôt de 5 000 $.

Maintien de l’augmentation de la limite du CELI. (voir ci-dessous).

L’idée du PC est de réduire les impôts d’une part et de favoriser l’épargne d’autre part, afin que les individus puissent avoir les moyens de s’acheter une maison.

 

Remboursement de la TPS pour la construction de logement locatif.

Flexibilité accrue des retraits autorisés sur un REER lors de l’accession à la propriété.

Étendre les crédits d’impôt à la rénovation domiciliaire pour augmenter l’efficience énergétique des résidences.
Impôts PME Impôts : baisse du taux d’imposition des PME de 11 % à 9 %.
Impôts : baisse du taux d’imposition des PME de 11 % à 9 %. Impôts : baisse du taux d’imposition des PME de 11 % à 9 %. Impôts : baisse du taux d’imposition des PME de 11 % à 9 %.
PME autres mesures Réduction des cotisations à l’assurance-emploi.

Prolongation du Crédit à l’embauche pour les petites entreprises (AE) en 2011 pour encourager les petites entreprises à embaucher des apprentis et travailleurs spécialisés

Réduire la « paperasserie » (sic) administrative.

Création d’un nouveau Fonds de fabrication de pointe pour appuyer les PME du secteur. Ramener le crédit d’impôt à la R&D pour les start-ups technologiques et les PME innovantes. Subvention à la commercialisation des technologies vertes de 1 milliard $ par année.

Réduire la paperasse imposée aux propriétaires de PME.

Crédit d’impôt sur les fonds de travailleurs

 

Les fonds FTQ et CSN permettent d’investir dans les PME, surtout en régions. Le gouvernement Harper avait aboli le crédit d’impôt qui rendait ces fonds attractifs pour les particuliers qui désiraient investir dans ces outils.

  Rétablir le crédit d’impôt sur le capital de risque des travailleurs. Rétablir le crédit d’impôt pour les fonds des travailleurs. Rétablir le crédit d’impôt pour les fonds des travailleurs.
Immigration (marché du travail) Rendre notre système d’immigration plus efficace et plus équitable afin de soutenir le développement économique, partout au pays

Par « efficace et équitable », le PC fait surtout référence au marché du travail.

Le PLC a des engagements concernant l’immigration et les réfugiés, mais ne touchant pas directement le marché du travail. Faciliter la reconnaissance des diplômes étrangers des immigrants.
Environnement et économie Favoriser les technologies vertes dans les achats gouvernementaux.

Technologies vertes : 200 millions de dollars par an pour créer des stratégies sectorielles favorisant l’innovation et les technologies propres dans le domaine de la foresterie, des pêches, de l’exploitation minière, de la production énergétique et de l’agriculture.

Investir 100 millions de dollars par an dans des entreprises de technologie verte.

Fonds vert municipal de la Fédération canadienne des municipalités pour appuyer les innovations régionales.

Investissements dans le secteur des énergies renouvelables et dans les projets de rénovation.

Investissement pour faire du Québec un fer de lance de la voiture électrique en Amérique du Nord. Établir un Fonds canadien des générations durable. Fonds d’investissement en formation des compétences, en éducation, en efficience énergétique, en développement des produits renouvelables et des technologies émergentes.

Créer un Fonds de commercialisation des technologies vertes.

Ressources naturelles Ressources naturelles : Offrir un allégement fiscal pour l’exploration minière. Combustibles fossiles : suppression graduelle des subventions accordées à la production de combustibles fossiles. Combustibles fossiles : fin de la subvention des combustibles fossiles. Combustibles fossiles : abolir les subventions aux sables bitumineux. Stopper l’expansion des sables bitumineux.

Mettre fin à l’exportation de charbon thermique.

Mettre fin aux subventions à la production de carburants fossiles.

Stratégie manufacturière Voir PME ci-dessus.

Stratégie pour la fabrication basée essentiellement sur des allégements fiscaux.

Fonds de démonstration des technologies de fabrication. Jusqu’à 100 millions de dollars seront alloués sur cinq ans, mais pas avant 2017-2018 !

Créer un Bureau de promotion du commerce et des investissements (guichet unique visant à attirer les mandats de production et les investissements au Canada)

Créer un nouveau Centre de fabrication (soutien de 30 millions $).

 

Voir économie et environnement et PME ci-dessus. Voir aussi économie et environnement et PME ci-dessus

 Aérospatiale : plan national pour l’aérospatiale.

Secteur automobile : stratégie d’emploi pour le secteur automobile canadien (incitatifs pour fabricants de pièces et de véhicules + guichet unique pour attirer investissements + favoriser innovation).

Voir aussi économie et environnement et PME ci-dessus

 Aérospatiale : crédits d’impôt bonifiés pour l’industrie aérospatiale.

Secteur forestier : soutenir l’industrie forestière (soutien aux entreprises et production d’énergie, innovation, 2ième et 3ième transformation).

 

 

 

Voir aussi économie et environnement et PME ci-dessus
Autres secteurs Maritime : Stratégie « Prospérité maritime Québec » en appui à la stratégie maritime du Québec. Investissements dans les infrastructures maritimes. Culture : investir dans les industries de la culture, notamment :

·  Rétablissement des financements de CBC/Radio-Canada

·  Doubler financement du Conseil des arts du Canada

·  Investissement dans infrastructures culturelles

·  Promotion des arts et de la culture à l’international

 

Culture : rétablir le financement de CBC-Radio-Canada.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Secteur forestier : investissements stratégiques dans le secteur forestier du Canada pour créer de l’emploi et appuyer l’innovation axée sur la durabilité de l’industrie.

Tourisme : hausser le financement dans le domaine du tourisme. Stimuler l’industrie touristique : 30 millions $ sur trois ans pour appuyer la campagne Accueillir l’Amérique de Destination Canada.

Culture : augmentation des budgets de Téléfilm Canada, du Conseil des arts du Canada et de la Société Radio-Canada, abolition de la TPS sur les livres, création d’un Fonds du long métrage documentaire et création d’un programme de promotion des arts à l’international.


Bois : favoriser l’utilisation de bois dans les édifices fédéraux

Gestion de l’offre : protéger la gestion de l’offre au sein du traité de libre-échange avec l’Europe

Fromage : programme d’aide de 300M$ pour venir en aide aux producteurs de fromage face au traité de libre-échange avec l’Europe

Agriculture : Augmentation des sommes prévues au cadre stratégique agricole pour les programmes Agri-relance et Agri-stabilité.

 

Culture : réinvestir dans CBC – Radio-Canada, les arts et la culture du Canada, la télévision et le cinéma.

 

 

 

 

 

 

Favoriser l’alimentation locale et les petits producteurs.

Médicaments Assurance médicaments universelle. Rendre les médicaments sur ordonnance plus abordables :

·  Ajouter couverture universelle de médicaments au régime d’assurance maladie

· Contrôler leur coût grâce aux achats en masse.

Baisser le prix des médicaments d’origine (nouvelle méthode de fixation des prix). Assurance médicaments : création d’un régime national d’assurance-médicaments, pour faire diminuer les prix des médicaments grâce à l’avantage de l’achat en gros.
Autres mesures  

 

Diverses mesures pour réduire les frais bancaires.  Par exemple: limiter à 0,50$ les frais par transaction au guichet automatique et un plafond raisonnable des taux d’intérêts pour les cartes de crédit. Lutter contre les frais bancaires excessifs.

 

 

 

 

 

François Legault, Maire de Montréal?

Réflexions sur le livre de François Legault « Cap sur un Québec gagnant  – Le Projet Saint-Laurent».

Le développement économique est un enjeu politique majeur pour le Québec. Malheureusement, depuis 10 ans, on peine à trouver des stratégies de développement claires et cohérentes dans le programme des partis politiques québécois ou canadiens (voir par exemple mon analyse des programmes économiques des partis provinciaux aux dernières élections).Cap sur un Québec gagnant

Avec la publication de son ouvrage « Cap sur un Québec gagnant », François Legault, le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), fait maintenant exception. A travers son Projet Saint-Laurent, il offre une vision très personnelle et enthousiasmante de l’avenir économique du Québec.

Son projet se déploie autour de cette richesse collective que représente le fleuve Saint-Laurent : création d’un cluster de l’innovation dans la vallée du Saint-Laurent, valorisation du fleuve et de ses magnifiques paysages comme facteur d’attraction des investissements, de qualité de vie et de stimulation des activités récréotouristiques, renforcement du transport fluvial afin de placer le Québec au cœur d’un réseau multimodal de transport en Amérique du Nord, etc.

L’ancien dirigeant d’Air Transat en profite pour discuter d’éducation, d’universités, de centres de recherche, de productivité des entreprises, d’exportations, etc. Excellent!

Et c’est peut-être le seul leader politique issu d’un parti majeur au Québec à lier aussi clairement, avec éloquence et sans hypocrisie électoraliste, le développement économique aux arts et la culture ainsi qu’à la protection de l’environnement. Car on entend trop souvent cette petite musique de droite qui présente l’écologie comme un ennemi de l’économie ou le monde des arts comme un club d’artistes gâtés vivant au crochet de la société, au mépris des théories économiques les plus récentes.

Ceci dit, je reformule les mêmes critiques à propos du Projet Saint-Laurent que lors de son dévoilement il y a un an (un blogue intitulé « Le Plan Sud de la CAQ : beaucoup de silicone, peu de valley… »). François Legault veut créer un cluster de l’innovation dans la Vallée du Saint-Laurent, un territoire long de 500 km. Il ne semble pas comprendre la notion de proximité et de distance. Son livre abonde d’exemples à suivre dans le monde : la Silicon Valley, Boston, Helsinki, Tel-Aviv, Barcelone, Cambridge, Bilbao, Anvers, etc. Quelle est la caractéristique commune à tous ces endroits? Ce sont des VILLES, pas des PROVINCES!

Le succès d’un cluster repose sur la proximité géographique des participants : entreprises, financiers, universités, autorités publiques, etc. Il est plus facile de coopérer en face à face qu’à distance; les bonnes idées se diffusent beaucoup plus facilement au sein d’une ville où les gens se côtoient et se rencontrent régulièrement. Un cluster entre Montréal, Québec et Sherbrooke en passant par Trois-Rivières ne fait tout simplement pas de sens.

Mais François Legault va encore plus loin dans sa confusion entre une ville et une province. Chef d’un parti provincial, il expose dans son livre un programme politique qui l’aurait probablement fait élire Maire de Montréal aux élections municipales de novembre dernier!

Revitalisation des rives du Saint-Laurent, dépollution des eaux afin de permettre la baignade à Montréal, construction ou rénovation des usines montréalaises de traitement d’eau, développement urbanistique du Havre de Montréal (cette zone située entre les ponts Jacques-Cartier et Champlain) , revitalisation des vieux quartiers industriels, décontamination des terrains de l’Est de la ville, et j’en passe.

Quel beau programme pour une ville!

Et je dirais même plus, si le PQ et le PLQ sont accusés de venir allègrement piger dans les idées de la CAQ, l’ouvrage de François Legault semble s’inspirer franchement d’un programme d’un certain parti municipal à Montréal.

Voici sa proposition pour réparer ce gâchis qu’est la rue Notre-Dame à Montréal : «Il faut transformer la rue Notre-Dame en un boulevard urbain à début moyen, rationaliser les activités de camionnage et transformer la rue Notre-Dame en un axe de transport public de pointe en envisageant sérieusement la mise en place d’une ligne de tramway à voie réservée (p. 208). » A la page 209, il poursuit : « Seul un boulevard permettrait la construction de maisons, de commerces et d’immeubles de bureaux. Mais surtout, c’est la seule option permettant d’imaginer qu’un jour le fleuve redeviendra accessible au plus grand nombre ».

Tramway, boulevard urbain, accès au fleuve, construction d’immeubles de bureaux? Ceci ressemble étrangement au projet d’Entrée maritime de Montréal, proposé par Projet Montréal!

Tout ceci pour dire que le développement économique va nécessairement de pair avec le développement régional. Chaque région du Québec fait face à des problématiques économiques très différentes. Ceci appelle donc des stratégies économiques distinctes d’une région à l’autre.

Québec continue d’imposer des politiques de style « top-down » en imposant aux régions un modèle de développement. Or, les théories modernes de développement suggèrent plutôt des politiques de type « bottom-up » par lesquelles l’ensemble des acteurs socio-économiques se mobilisent pour développer une stratégie régionale commune et cohérente qui sera ensuite présentée au gouvernement provincial.

En discutant essentiellement d’enjeux régionaux, François Legault semble reconnaître cela. Mais il ne propose rien en matière de décentralisation régionale ou de responsabilisation des acteurs régionaux à propos de leur propre développement économique.

A quand au Québec une véritable politique régionale de développement?

A travers son bouquin, François Legault montre qu’il a l’intuition de ce qu’est une stratégie cohérente de développement économique. Mais au-delà de cette grande vision mobilisatrice, on attend avec impatience le programme économique détaillé de la CAQ.

Pour une agence régionale de développement économique

Article d’opinion paru dans Le Nouvelliste.

http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/opinions/201310/30/01-4705200-pour-une-agence-regionale-de-developpement-economique.php

La Mauricie souffre économiquement. Alors que les fermetures d’usines se multiplient, la région arrive au tout dernier rang parmi les régions québécoises en matière de performance économique, selon nos calculs. Cette situation tristement exceptionnelle appelle une solution innovante et ambitieuse.

À l’INRPME, suite à nos analyses, nous avons identifié une série de facteurs clés pouvant assurer le succès de la diversification économique de la région. Le premier facteur, c’est la nécessité du partenariat. D’abord, entre les entreprises afin de renforcer leur compétitivité. Or, en Mauricie, elles collaborent trop peu sur des projets structurants communs. Ensuite, les filières industrielles de la région se déploient sur l’ensemble du territoire, incluant Bécancour. Ainsi, leur essor exige une action coordonnée entre les multiples organismes de développement économique de la région.

Le deuxième facteur de réussite, c’est l’importance d’une stratégie intégrée traitant de l’ensemble des problématiques économiques: entrepreneuriat, créneaux porteurs, pénurie de main-d’oeuvre, financement, décrochage scolaire, innovation, exportation, infrastructures, économie sociale, etc. Troisièmement, elle doit s’inscrire dans une vision à long terme, à la fois réaliste et ambitieuse. Ceci implique de définir des indicateurs de performance pertinents, évalués régulièrement, permettant de réajuster la stratégie en conséquence. De bonnes nouvelles ramèneront la confiance, créant un effet d’entraînement fructueux.

Enfin, il est très important que la stratégie économique mobilise toutes les forces vives de la région autour d’objectifs communs largement publicisés. Tous ces facteurs clés justifient la création d’une agence régionale de développement économique, pour l’ensemble de la Mauricie et Bécancour, afin de:

  • définir et mettre en oeuvre une stratégie cohérente et multidimensionnelle à long terme;
  • assurer la coordination et la mobilisation;
  • réaliser une évaluation régulière des performances et redéfinir la stratégie en conséquence.

Le rôle de l’agence s’apparenterait à celui d’un chef d’orchestre assurant la crédibilité à long terme du processus de diversification. Surtout pas de technostructure ici; légère et peu coûteuse, elle viendrait s’appuyer sur les compétences locales déjà existantes (CLD, mairies, différents ministères, Investissement-Québec, Emploi-Québec, centres de recherche, etc.).

Idéalement, son fonctionnement serait financé conjointement par des fonds publics et privés. En effet, le leadership et l’implication des gens d’affaires de la région constituent un autre facteur clé. De plus, l’agence pourrait coordonner des montages financiers provenant de diverses sources afin de générer un réel effet de levier sur l’économie régionale.

Le fonds de diversification octroyé par le gouvernement du Québec suite à la fermeture de Gentilly-2 représente une incroyable opportunité d’amorcer enfin ce grand virage économique. Mais sans une véritable prise en main locale, cela ne sera pas suffisant.

Il est grand temps pour la région de tracer collectivement sa propre destinée économique.

Frédéric Laurin, Ph.D. en économie et professeur à l’UQTR et à l’Institut de recherche sur les PME.

 

http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/opinions/201310/30/01-4705200-pour-une-agence-regionale-de-developpement-economique.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B2_opinions_465_section_POS3

Politique économique du Québec – Mon analyse twitter

Voici mon analyse twitter de la nouvelle Politique économique du Québec présenté par le gouvernement de Pauline Marois en octobre passé.

  1. Pol. industrielle du Qc Miser sur ls créneaux d’excellence ACCORD. Quelle évaluation depuis sa création? Et quelle mise à jour des créneaux?

  2. Pol. industrielle du Qc. Synergies régionales entre CLD, IQ et bureaux régionaux du MFEQ: très très bonne idée,

  3. Pol. industrielle du Qc. Et les PME de services à valeur ajoutée, on en fait quoi???

  4. Pol. industrielle du Qc Crédit d’impôt pour les PME manufacturières pour l’utilisation de TIC. L’innovation, c’est plus large que cela!

  5. Pol. industrielle du Qc. Aider 300 PME à grossir. Mais diagnostic fait par des fonctionnaires. Et pourquoi pas des spécialistes en PME???

  6. Pol. industrielle du Québec. Difficile sans une politique régionale sérieuse. S’adapter aux problèmes et tissu industriel de chaque région.

  7. Pol. industrielle du Québec. Misez sur les PME et les gazelles. Excellente idée!!!

  8. Pol. industrielle du Québec. Qui décide des créneaux d’excellence? Sur quelle base?

  9. Pol. industrielle du Québec. Je suis d’accord!!! MAIS le diable est dans les détails. Donnons plus de responsabilités aux régions

Plan Nord : quand la boussole perd le Sud

C’était  « toujours plus à l’Ouest » chez le professeur Tournesol, mais au Parti libéral du Québec, on persiste à s’orienter vers le Nord en matière de stratégie économique, alors que la boussole du « vrai » développement économique, quant à elle, pointe obstinément vers le Sud.

Car sommes-nous, avec le Plan Nord québécois, en train de tuer notre tissu industriel au Sud, lui qui est tissé d’une multitude de petites et moyennes entreprises certes ingénieuses, exportatrices et innovantes, mais pourtant si fragiles? Explications.

L’exploitation massive des matières premières du Nord québécois exige de considérables quantités de  ressources, qu’il s’agisse de travailleurs spécialisés, de financement de projets, d’infrastructures de transport et de logement, etc. Or, ces ressources sont globalement limitées dans une économie. Si nous les consacrons davantage au Nord, c’est en grande partie au dépend du Sud (c’est le principe de l’allocation des ressources et de la spécialisation en économie).
Source: Journal de Québec, 9 mai 2011

Exemple patent : le grave problème des pénuries de main-d’œuvre. Les PME québécoises sont désespérément à la recherche de travailleurs spécialisés. Or, de plus en plus,  ces spécialistes prennent le pari d’aller travailler dans le Nord, attirés par des rémunérations très compétitives. Dans cette catégorie, on retrouve plusieurs professions très demandées par les entreprises du Sud : ingénieurs et techniciens, mécaniciens industriels, opérateurs de machines, ouvriers de la construction, spécialistes en technologies de l’information, etc. Exemple dans l’industrie aéronautique.

Et lorsqu’une entreprise du Sud est incapable de combler sa main-d’œuvre, ça signifie concrètement qu’elle n’aura pas toutes les compétences nécessaires pour produire davantage, développer des nouveaux projets, répondre à de nouveaux contrats, gagner des nouveaux marchés à l’étranger, etc. Donc, on ralentit le développement de nos entreprises manufacturières au Sud pour satisfaire les besoins du Nord.

Autre conséquence négative du Plan Nord, mais encore plus gravissime, c’est le risque d’affaiblir durablement notre capacité d’innovation. Pour être concurrentielles, les entreprises du Sud doivent se montrer innovantes. Or, l’innovation génère l’innovation, puisque l’on développe souvent de bonnes idées sur la base d’autres idées. Par exemple, il aurait été impossible d’inventer la microbiologie sans l’invention du microscope. Apple a créé le iphone parce que le téléphone cellulaire et le lecteur MP3 avaient été préalablement développés.

Surtout, les bonnes idées se transmettent souvent d’une entreprise à l’autre. Donc, lorsqu’une firme innove, cela risque d’inspirer la créativité chez les firmes voisines. Ce phénomène, que l’on appelle en économie « externalités technologiques », est très documenté et constamment vérifié sur le terrain par les chercheurs. C’est ainsi que, dans une région donnée, plus il y a d’innovations, plus les entreprises seront capables d’innover, augmentant la quantité d’innovations dans la région, ce qui permet aux firmes d’innover encore plus, etc. Le processus d’innovation, avec ces « externalités technologiques », fait boule de neige.

Toutefois, l’exploitation des ressources naturelles dans le Nord engendre vraiment peu d’innovation. Certes, il exige l’utilisation de machines technologiques. Mais cela ne crée pas de nouvelles idées. Ainsi, plus le Québec concentre son économie dans le Nord, plus il se spécialise dans un secteur peu innovant, au détriment de l’innovation dans le Sud. Ce faisant, on n’alimente pas l’effet « boule de neige » de l’innovation que je viens de décrire.

Bref, le Plan Nord oriente le Québec vers une stratégie économique centrée sur l’exploitation des ressources naturelles – à l’image de nombreux pays en voie de développement – alors que les autres pays développés misent sur les secteurs innovants et à valeur ajoutée, tels que la pharmaceutique, les nanotechnologies, les énergies renouvelables, les nouvelles technologies de l’information, etc.

Et, dans 50 ans, alors que les mines du Nord commenceront à dépérir, que ne nous restera-t-il? Le secteur industriel dans le Sud. Et là, nous aurons accumulé 50 ans de retard en innovation et en développement de marché.

Super comme stratégie de développement économique…

Soyons clair. Je ne suis pas contre l’exploitation des ressources naturelles. Au contraire, c’est une richesse inestimable pour le Québec.

Mais n’oublions pas le  « vrai » développement économique, c’est-à-dire la capacité de créer plus de valeur ajoutée avec les mêmes ressources. Lorsqu’une entreprise invente un nouveau produit et qu’elle l’exporte partout dans le monde, elle crée quelque chose à partir de son ingéniosité, de ses talents de commercialisation et de gestion, et des compétences de ses travailleurs. L’innovation et la créativité se nichent au cœur de ce processus, et c’est dans le Sud où tout cela se passe.

À l’opposé, extraire des ressources naturelles, ce n’est pas du développement économique. Les ressources sont données par la nature, rien n’est créé. Évidemment, le Plan Nord rapporte énormément d’argent à la collectivité québécoise, et je m’en réjouis. Tout simplement, il ne s’agit pas de développement économique.

Alors, que faire? Et bien, vivement un Plan Sud!!!

Une vraie stratégie de développement économique consisterait à utiliser l’argent gagné dans le Nord (les redevances du gouvernement) pour renforcer la structure productive au Sud. Pas pour payer la liste d’épicerie d’aujourd’hui, mais pour réaliser des investissements structurants pour l’avenir : financer l’innovation et la recherche, le développement de nouveaux produits et de procédés, renforcer nos universités, CÉGEP et centres de recherche, rénover et améliorer nos infrastructures de transport et de technologie, investir dans les énergies renouvelables et les industries porteuses liées au développement durable, investir dans la formation de la main-d’œuvre, stimuler l’entrepreneuriat, appuyer les stratégies d’exportation, etc.

En somme, investir dans notre capacité d’innovation au Sud, au bénéfice des générations présentes et futures. Car les richesses naturelles du Nord représentent un patrimoine pour tous les québécois, aujourd’hui et demain.

C’est d’ailleurs ce que font en quelque sorte les norvégiens avec l’argent qu’ils gagnent grâce à l’exploitation du pétrole. Ces revenus sont versés dans un fonds souverain qui sert à générer un rendement au bénéfice des générations futures.

Ce n’est pas le Plan Nord OU le Plan Sud, c’est le plan Nord POUR le Plan Sud.

Création d’une Banque de développement du Québec: Structurite aiguë

Souhaite-on générer du développement économique au Québec? Rien de plus facile. On crée une nouvelle structure bureaucratique, de préférence avec un nom bien ronflant, on ajoute 500 millions de dollars, on met le tout au four quelques semaines, et hop!, le développement économique devrait se matérialiser.

Mais attendez… une structure responsable du développement économique au Québec, n’est-ce pas le rôle d’Investissement-Québec (IQ)? Pourquoi recréer une nouvelle structure alors qu’IQ existe déjà, opérant de façon fonctionnelle et relativement efficace?

Revenons quelques instants aux origines de la création d’IQ. L’organisme devait devenir un « guichet unique » pour les entreprises dans le but de stimuler le développement économique du Québec. IQ fut bâti sur le modèle de la Scottish Enterprise, l’agence de développement économique de l’Écosse. On sait qu’il y a une vingtaine d’années, l’Écosse faisait figure de région pauvre au sein de l’Union européenne. Avec une localisation géographique excentrée au nord de l’Angleterre, loin des principaux marchés européens, la région accusait un sérieux retard de développement par rapport au cœur industriel de l’Europe.

Mais durant les années 90, la région s’est prise en main, déployant une vaste stratégie de développement économique. La Scottish Enterprise fut placée cœur de cette stratégie. L’objectif était de créer une structure souple et dynamique, répondant à tous les besoins des entreprises (financement, développement, transfert de connaissances et conseils, aide à l’exportation, coordination).

La Scottish Enterprise a pour vocation non seulement d’appuyer les entreprises écossaises, mais aussi de démarcher les entreprises étrangères partout dans le monde afin de les convaincre d’établir une unité de production en Écosse. Bref, Scottish Enterprise détient les principaux leviers du développement économique de la région. L’organisme est d’ailleurs couramment cité à titre de modèle par excellence d’agence de développement économique.

De même, IQ s’occupe autant du financement des entreprises québécoises que de l’attraction des investissements étrangers. Elle dispose de bureaux à Paris, Munich, Stockholm, Tokyo, Pékin, Mumbai, Los Angeles, Atlanta, etc. Cette double responsabilité est importante : IQ s’assure de démarcher particulièrement des entreprises étrangères capables de renforcer la chaîne de valeur des industries québécoises, et non de l’affaiblir. Il s’agit donc d’une vision intégrée du développement économique. D’ailleurs, afin de se rapprocher davantage d’un guichet unique, IQ avait été fusionné avec la Société générale de financement (SGF) sous l’ère de Jean Charest, afin de réunir ces deux structures publiques de financement d’entreprises.

IQ bénéficie donc d’une crédibilité et une notoriété à l’international qu’il ne faut pas altérer.

Plutôt que de créer une nouvelle couche bureaucratique inutile, il suffirait simplement de modifier le rôle d’IQ, sans rien créer et sans rien détruire, en revenant aux origines de sa création: être un organisme dynamique et souple au cœur de la stratégie de développement économique du Québec.

Tout ce que Mme Zakaïb souhaite accomplir avec son projet de Banque de développement peut se réaliser au sein d’IQ.

La Ministre compte créer un fonds de capital de risque? Elle désire injecter 500 millions dans cette stratégie de développement? Il suffit de constituer un fonds de développement régional dédié qui serait géré par IQ.

On veut renforcer la coopération entre les Centres locaux de développement (CLD)? Ce mécanisme de coopération peut être implanté tant par IQ que par leur ministère de tutelle, soit le ministère de l’Économie et des Finances.

On cherche à réunir dans les mêmes bureaux régionaux les gens d’IQ, les CLD et les fonctionnaires locaux du ministère de l’Économie et des Finances? Excellente idée, mais faut-il une banque de développement pour réaliser ce déménagement?

Déjà, l’appellation « Investissement Québec » (Invest Quebec en anglais) évoque une orientation plus dynamique et centrée sur le monde des affaires qu’une « banque de développement »… D’abord, le mot fait technocrate. Mais surtout, malgré toute son utilité, une banque traîne une réputation de conservatisme à force de ne pas vouloir prendre trop de risque. Les PME qui cherchent désespérément du financement en savent quelque chose. Une banque se trouve donc bien mal placée pour être au cœur d’une stratégie de développement économique qui, par définition, rime avec risque. Un projet d’affaire, c’est toujours risqué!

Quoiqu’il en soit, la technostructure seule ne crée par de développement économique. Sans une véritable stratégie industrielle intégrée et cohérente au Québec, il ne servira à rien de multiplier les structures et de disperser les millions de dollars ici et là.

Mais, outre l’absence d’une stratégie économique, on ne peut que regretter l’inexistence d’une véritable politique régionale. Les régions doivent être véritablement outillées pour définir et mettre en œuvre leur politique de développement, selon les caractéristiques socio-économiques propres à leur territoire, sans que cela ne soit imposé d’en haut par Québec.

Pas de stratégie industrielle, pas de politique régionale, pas de développement économique.

On a beau décortiquer les programmes des partis politiques au Québec, on ne trouve rien qui peut s’approcher d’une telle vision (voir mon blogue sur le projet de Vallée du Saint-Laurent de la CAQ).

Pour reprendre une manchette du journal Les Affaires… VIVEMENT UN PLAN SUD!

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Le Plan Sud de la CAQ : beaucoup de silicone, peu de valley…

La Coalition Avenir Québec (CAQ) a présenté la semaine dernière sa stratégie de développement économique baptisée « Projet Saint-Laurent », destinée à transformer la vallée du Saint-Laurent en Silicon Valley de l’innovation.

Ce « Plan Sud », selon les termes de M. Legault, est évidemment une réponse au Plan Nord de l’ancien gouvernement Charest plutôt centré sur les régions ressources et les industries extractives qui sont faiblement créatrices d’innovations.

Si cette initiative caquiste visant à « rassembler les Québécois autour d’un projet collectif, emballant et porteur pour l’avenir du Québec » (selon le site Internet de la CAQ) est tout à fait louable, une lecture attentive du projet (qui fait quatre pages bien espacées) modère grandement l’originalité et l’ambition du projet. On y retrouve que du vieux réchauffé, des vœux pieux ou des politiques qui existent déjà.

Plan Sud ou Plan Marketing? La référence abusive à la Silicon Valley me laisse penser que la CAQ ne comprend pas tout à fait les fondements d’un tel « cluster » industriel.

La Silicon Valley, c’est une concentration d’entreprises, d’universités et de centres de recherche dans le domaine des technologies de l’information et des microprocesseurs, localisée dans la Baie de San Francisco. Le cluster représente un centre mondialement reconnu de l’informatique et de l’innovation dans le monde.

On y retrouve des entreprises telles que Adobe, Apple, Cisco, eBay, Google, Hewlett-Packard, Intel, Oracle, SanDisk, Sun Microsystems, Symantec, Yahoo!, AMD, Electronic Arts, en plus de milliers de petits entrepreneurs dynamiques en TI venus de partout dans le monde.

Elle constitue aujourd’hui le symbole par excellence d’une stratégie économique basée sur l’innovation et tournée vers les industries du futur.

Sauf que. Ne crée pas une Silicon Valley qui veut!

Le cluster existe depuis les années 80 et voilà donc 30 ans que tous les pays développés cherchent à recréer une Silicon Valley sur leur territoire…. avec très peu de succès.

Au Québec, on a d’abord eu le concept des « grappes industrielles », défendu dans les années 90 par le tristement célèbre maire déchu Gérald Tremblay, alors Ministre de l’Industrie sous Robert Bourassa. Puis, dans les années 2000, le Parti québécois a développé le projet ACCORD, basé sur des « créneaux d’excellence » localisés à travers les régions du Québec. Sur le même principe, il avait aussi commis le retentissant échec de la « Cité du Multimédia » à Montréal. Plus récemment, la France a fondé sa stratégie industrielle sur 70 pôles de compétitivité, avec des résultats très mitigés.

Et toujours à Montréal, l’économie de la ville s’appuie sur un pôle aéronautique, qui lui constitue un véritable succès.

Bref, la CAQ sort de son chapeau un projet esseulé qui traine dans la besace des développeurs économiques depuis 30 ans…

Mais plus grave, le projet de François Legault ne colle pas à la réalité d’un cluster. En effet, le succès de la Silicon Valley dépend crucialement des trois ingrédients suivants :

–         Proximité géographique : le pôle est basé sur la proximité géographique d’un grand nombre d’entreprises, de PME dynamiques, d’une main-d’œuvre spécialisée, de centres de recherche et d’universités, de financiers qui connaissent le langage des TI, etc. La proximité est extrêmement importante. Elle facilite les rencontres, les échanges d’idées, le transfert de l’innovation. Bref, la proximité génère un milieu dynamique et enrichissant. Plus on est loin, plus il devient difficile de coopérer facilement et efficacement avec autrui.

Or, le projet caquiste s’étend à l’ensemble de la vallée du Saint-Laurent, de Sherbrooke à Québec, en passant par Montréal et Trois-Rivières. Cet espace est beaucoup trop grand pour constituer une Silicon Valley!!! La Baie de San Francisco fait 77 Km en longueur. La distance entre Montréal et Québec est trois fois plus grande!

–          Pôle dans un secteur. Un pôle se concentre sur un secteur d’activité précis afin d’optimiser les coopérations entre acteurs économiques.

Le plan de la CAQ ne précise aucun secteur. La référence à la Silicon Valley est donc inappropriée.

–          Philosophie de coopération. La philosophie de l’Internet, centrée sur le partage et la liberté de l’information, favorise la coopération et l’échange d’information entre les entreprises. Cette coopération est au cœur du fonctionnement d’un pôle : plus on y échange des idées et plus l’innovation se transfère d’une entreprise à l’autre, plus on peut développer d’autres idées, plus il y a d’innovations, etc. Ceci génère un cercle vertueux de l’innovation, et c’est cet environnement mutuellement enrichissant et dynamique que l’on cherche à générer en créant un pôle de compétitivité.

Ainsi donc, le développement d’une Silicon Valley relève davantage d’un processus sociologique favorisant la coopération et le transfert de l’innovation entre les acteurs du pôle que d’une volonté gouvernementale. Aucun mécanisme bureaucratique, aucune subvention gouvernementale ne peut recréer artificiellement ce processus sociologique de coopération. C’est pourquoi il est si difficile de reproduire cet exemple ailleurs dans le monde.

De deux choses l’une. Ou bien la CAQ comprend bien le concept de pôles de compétitivité, mais se montre avare de détails dans un souci de vulgarisation médiatique, ou bien son Plan Sud n’est qu’une opération de marketing politique.

Ceci dit, le « Projet Saint-Laurent » se distingue face à l’absence d’alternatives intéressantes du côté du PQ ou du PLQ en matière de développement économique.

Une stratégie du 21ième siècle doit nécessairement porter sur l’innovation, la formation de la main-d’œuvre et la lutte au décrochage scolaire, le développement de la PME et de l’entrepreneuriat, le financement de la PME et de l’innovation, le développement durable, les pôles de compétitivité, etc. En ce sens, le projet de la CAQ pointe dans la bonne direction.

Mais ce n’est pas suffisant.

Pour un parti qui n’a pas d’expérience de gouvernance, la CAQ doit absolument démontrer qu’elle est prête à assumer le pouvoir.

Pas de squelettes dans le placard, pas d’ardoise: Au revoir M. Bachand!

C’est un grand classique des lendemains d’élection que l’on observe dans à peu près tous les pays au monde (voir les nombreux exemples ci-dessous). Le ministre des finances du gouvernement fraichement élu se présente devant les médias peu après l’élection, et déclare, avec une mine faussement sombre et éplorée :

« Nous venons d’ouvrir les livres, et – oh horreur ! – nous découvrons que la situation réelle de l’économie est bien plus grave que nous l’imaginions dans l’opposition. Le gouvernement sortant a caché les vrais chiffres. Dans les circonstances, nous sommes vraiment, mais vraiment désolé, car nous ne pourrons pas réaliser toutes nos promesses – oh quel dommage. Tout est de la faute de la précédente équipe…. »

Est alors évacuées, prestement, mais bien habilement, toutes les promesses coûteuses et/ou farfelues lancées pendant le grand cirque de la campagne électorale.

Mais Rayond Bachand, Ministre des finances sortant, n’aura pas offert la possibilité de cette échappatoire à Mme Marois : bien avant le début de la campagne, M. Bachand a révélé l’existence d’un trou de 800 millions de dollars dans le budget du gouvernement du Québec.

Peut-être cherchait-il par là à se donner quelques marges de manœuvre en cas de réélection du gouvernement Charest? Mais certainement, cela démontre aussi son grand sens des responsabilités dans la gestion des comptes publics à titre de Ministre des finances du Québec.

Malgré les effets de la Grande crise de 2008, alors que le tsunami de la crise financière emportait les pays développés dans une vague d’endettement sans précédent, M. Bachand a su garder le cap budgétaire et rediriger le Québec résolument vers le déficit zéro.

De fait, on voit bien dans le tableau ci-dessous que le gouvernement du Québec a maintenu, depuis 2009, un déficit public nettement moindre que d’autres juridictions, y compris le Canada et l’Ontario.

Déficit public par pays

Source : OCDE, Ministère des finances du Québec, Ministère des finances de l’Ontario.

Dans ses trois derniers budgets, M. Bachand a planifié une réduction graduelle et prévisible du déficit public jusqu’au retour au déficit zéro prévu en 2013-2014 (voir figure ci-dessous), si évidemment le gouvernement du parti québécois veut bien garder le même cap.

Solde budgétaire

Source : Ministère des finances du Québec.

Et tout cela, en maintenant le financement dans le domaine de la santé et de l’éducation, tout en mettant en œuvre un programme d’infrastructures de 44 milliards de dollars : réseau routier, ponts et viaducs, hôpitaux universitaires, etc. Certes, le Gouvernement n’avait pas vraiment le choix : les viaducs nous sont tombés littéralement sur la tête!

Tout de même, contrairement aux pays européens qui ont appliqué des politiques d’austérité avant même le retour de la croissance, M. Bachand aura réussi à moduler le rythme des augmentations de dépenses et de revenus sans procéder à des coupures sauvages, de façon à ne pas tuer l’amorce d’une croissance économique durable.

Les marchés financiers auront reconnu la crédibilité de la méthode Bachand, malgré un endettement québécois parmi les plus élevés au monde, en maintenant la cote triple AAA au Québec, alors même que les États-Unis et plusieurs pays européens perdirent cet honneur.

Je me suis montré très sévère envers le gouvernement de Jean Charest. Mais dans un contexte de ralentissement mondial et de crise de l’endettement aux États-Unis et en Europe, et avec des marges de manœuvre réduites, M. Bachand aura réussi à tirer son épingle du jeu avec certes des budgets ennuyants, mais crédibles et responsables.

On espère que Nicolas Marceau, le nouveau Ministre des finances du Gouvernement Marois, saura être tout aussi responsable.

Au revoir donc M. Bachand!

Squelettes dans le placard et reniements de promesse: petit historique

Quand un nouveau gouvernement décide de ne pas tenir ses promesses sous prétexte de découvrir les « vrais » chiffres concernant la situation réelle de l’économie, bien pire qu’annoncée par le gouvernement précédent…

Élection provinciale 2003

Élection du  gouv. libéral de Jean Charest

 

« Charest accuse le PQ d’avoir caché la vraie situation budgétaire »

La Voix de l’Est, 1 mai 2003

« (…) Jean Charest a admis que l’état réel des finances  publiques va donner du fil à retordre à son gouvernement pour présenter un budget équilibré ce printemps. »

Élection fédérale 1993 Élection du gouv. libéral de Jean Chrétien « Martin confirmera un déficit fédéral de 40,5 milliards $ »

Le Droit,16 novembre 1993

« (…) C’est devenu une tradition pour les nouveaux gouvernements de réviser le déficit à la hausse, leur permettant ainsi d’accuser leurs prédécesseurs de mauvaise gestion. Brian Mulroney l’a fait en 1984, en annonçant que le déficit fédéral serait de 37 milliards $ plutôt que de 28. (…)

« Au cours du week-end, le premier ministre Jean Chrétien a  laissé entendre que son objectif de ramener le déficit à 3 % du produit intérieur brut d’ici la fin de sa troisième année au pouvoir, pourrait bien être allongé à la quatrième ou même la cinquième année. »

Martin se dit étonné du nouveau déficit

Le Devoir, mardi, 30 novembre 1993.

« (…) Qualifiant la situation de «dramatique», M. Martin a fait part de son étonnement devant cette autre gifle donnée aux finances fédérales. »

Élection fédérale 2006 Élection du gouv. conservateur de Stephen Harper Certains devront se serrer la ceinture

Cyberpresse, 2 mai 2006

« (…) Pour « reprendre le contrôle » des dépenses [Note : décidées par les libéraux] qu’il qualifie d’« effrénées », le ministre des Finances, Jim Flaherty, veut économiser un milliard par an. »

Élection présidentielle et législative en France 2012 Le Président François Hollande arrive au pouvoir avec une majorité socialiste (centre-gauche) Moscovici révise à la hausse le déficit laissé par Sarkozy

La Tribune.fr, 6 juin 2012

 

« (…) Selon Pierre Moscovici, qui en a fait l’annonce, la pente naturelle du déficit serait plutôt, cette année, de 5% du PIB. Ce n’est pas ce qui était annoncé par l’équipe de Nicolas Sarkozy, laquelle a quitté le pouvoir en estimant le déficit à 4,4% de la richesse nationale. Le chiffre de 5% lâché par le nouveau ministre de l’Economie a bien sûr pour fonction de montrer que l’équipe précédente avait, décidément, fort mal géré les finances publiques. »

L’héritage n’a pas le dos si large

Libération, 3 juillet 2012

« (…)dès dimanche, Pierre Moscovici, donne le «la». «Ils [la droite, ndlr] n’ont rien foutu pour réduire les déficits pendant cette année», assure-t-il. Puis reprend à son compte la petite musique qu’avait commencé à entonner, quelques jours auparavant Jérôme Cahuzac, le ministre du Budget, su le mode de «l’ardoise dissimulée» par l’ancien gouvernement. »

Élection législative en France 2002  

La situation budgétaire, sujet de polémique avant les législatives

AFP Infos Economiques, 7 juin 2002

 

« (…) M. Marini a aussitôt accusé l’ancien gouvernement d’avoir été « irresponsable », et d’avoir « consommé sur quatre mois seulement la totalité de l’augmentation des dépenses permise par le budget de 2002 ». »

Budget: M. Marini (RPR) accuse l’ancien gouvernement d’irresponsabilité

AFP Infos Economiques, 7 juin 2002

« (…) Le sénateur considère que « ce comportement de l’ancien gouvernement est totalement irresponsable, et disqualifie ses auteurs et en particulier Laurent Fabius à jouer les professeurs de rigueur ou de vertu comme il voudrait continuer à le faire en trompant tout le monde ». »

Élection législative en France en 1997  

Un audit pour montrer l’ampleur des dégâts. Un déficit public de 3,35 à 3,6% du PIB, selon nos estimations.

Libération, 19 juin 1997

 

« La persistance du trou de la Sécurité sociale va rendre plus sulfureux encore l’audit des finances publiques que doit lancer ces jours-ci le gouvernement Jospin. Par tradition, cette opération post-électorale est avant tout destinée à prouver que l’ancienne équipe a laissé le pays dans un état calamiteux. »

« (…) Dominique Strauss-Kahn, a indiqué récemment que le rythme des réformes promises par le PS durant la campagne pourrait alors s’en ressentir. »

Les contraintes budgétaires obligent à différer la véritable relance

Les Echos, 20 juin 1997

« Conscient de la faiblesse des marges de manoeuvre budgétaires, Lionel Jospin a différé à l’automne les principales mesures de relance évoquées pendant la campagne. Au risque de décevoir. »