Budget Québec 2021

Analyse Twitter du budget 2021 du Gouvernement du Québec

Impact économique de la Covid-19

La contagion de la crise économique se fait comme la Covid-19 : de façon exponentielle

Tant qu’à rester tous confinés à la maison, pourquoi ne pas saisir cette occasion pour mieux comprendre l’économie? Je profite donc de notre confinement collectif pour vous offrir dans les prochains jours quelques nouveaux billets sur mon Blogue économique pour faire le point sur la situation, en profitant de ces textes pour vulgariser et expliquer des principes économiques généraux avec des exemples simples et concrets.

• Aujourd’hui : L’impact économique du Covid-19 pour le Québec
• Prochain blogue : Comment lutter contre la crise? La réponse des gouvernements

Vous êtes nombreux à me demander quelles seront les conséquences économiques de la crise de la Covid-19 pour le Québec. Voici un état des lieux.

Avertissement : ce texte pas très joyeux se termine par une excellente nouvelle et une lueur d’espoir. Mais il faut le lire jusqu’au bout pour s’y rendre!

Les impacts économiques de la Covid-19 sont nombreux et graves. Mais tout se résume en un mot : manque de LIQUIDITÉS, c’est-à-dire l’argent disponible des entreprises pour qu’ils puissent payer leurs employés, leurs sous-traitants et leurs fournisseurs, et des individus pour qu’ils puissent payer leurs dépenses courantes. Explications.

Impact économique de la Covid-19

1. Mise à l’arrêt des entreprises et ralentissement de la production

On a demandé à la population de rester à la maison, autant que possible. Plusieurs entreprises pratiquent le télétravail, même si c’est parfois difficile. Mais dans les entreprises manufacturières, la présence physique est nécessaire. La production est donc ralentie ou à l’arrêt. Conséquences : les revenus n’entrent pas et des employés sont mis à pied afin qu’ils puissent recevoir de l’assurance-emploi entre-temps.

Aussi, les sous-traitants et fournisseurs de ces entreprises à l’arrêt ne reçoivent plus de commandes, donc cette situation les ralentit aussi, et vice-versa. Et les sous-traitants/fournisseurs de ces sous-traitants/fournisseurs, à leur tour, sont affectés, ce qui impacte leurs propres sous-traitants/fournisseurs, etc… et cela se propage à l’ensemble des entreprises, de façon exponentielle.

Évidemment, la plupart de ces entreprises manufacturières finiront par honorer leurs contrats et les demandes de leurs clients lorsque la pandémie prendra fin. Mais en attendant, les revenus n’entrent pas, et certaines entreprises auront des difficultés à payer leurs employés et leurs fournisseurs. Elles manqueront de liquidités, risquant pour certaines la faillite.

2. Tourisme et culture

C’est une véritable hécatombe dans le domaine touristique et culturel. Avec les restrictions de voyage et le confinement, les activités touristiques sont à l’arrêt. On pense aussi aux compagnies aériennes qui risquent de perdre énormément d’argent.

Dans le domaine culturel, tout est annulé. Quelle catastrophe, surtout pour les artisans du milieu qui vivaient déjà, en temps normal, avec des moyens financiers précaires. Et comme je l’expliquais, pour les entreprises manufacturières, c’est l’ensemble de la filière qui sera affectée, avec des impacts sur leurs sous-traitants et fournisseurs, et ainsi de suite. Lorsque des événements touristiques, culturels ou sportifs sont carrément annulés (et non pas reportés), ce sont des pertes nettes de revenus qu’il ne sera jamais possible de retrouver. Ce manque de liquidité risque de fragiliser certaines personnes.

3. Commerce international

Les restrictions de voyage ainsi que la fermeture des frontières perturbent fortement le commerce international. Certes, les marchandises peuvent toujours franchir les frontières. Mais il est extrêmement difficile de faire des affaires à l’étranger sans pouvoir voyager : impossible de détecter des opportunités d’affaires, de négocier et signer des contrats, de faire le suivi à la clientèle et l’installation des appareils, etc. Aussi, le Québec n’exporte pas que des marchandises. Il exporte aussi des services et des expertises qui requièrent parfois une présence physique… Tout cela n’est plus possible.

4. Investissement

Pour une entreprise, investir signifie dépenser.

• Investir dans des nouvelles machines = acheter des machines
• Investir en recherche et développement = acheter des équipements spécialisés et rémunérer des chercheurs
• Investir en publicité = dépenses dans une campagne de marketing,
• Etc.

Or, quand l’économie va mal, les entreprises développement des « anticipations négatives », c’est-à-dire une vision négative de ce que seront les opportunités d’affaires dans le futur.

Résultat : plutôt que d’investir, elles voudront plutôt se constituer un « coussin de sécurité », c’est-à-dire mettre l’argent de côté pour parer à une crise. Les projets d’investissement sont mis sur la glace dans l’attente de jours meilleurs. Mais en attendant, c’est le manufacturier d’équipements spécialisés qui ne reçoit pas la commande, ce sont des chercheurs en R&D qui ne sont pas embauchés, c’est l’agence de marketing qui perd un contrat, et bien d’autres. Et l’impact se prolonge sur leurs propres sous-traitants/fournisseurs qui… vous connaissez maintenant l’histoire!

5. Consommation en baisse

Des entreprises à l’arrêt, des travailleurs autonomes qui ne travaillent pas, des artistes dont les événements ont été annulés, des employés licenciés… Autant de personnes qui devront ajuster leur consommation à la baisse dans les prochaines semaines. Résultat : impacts majeurs sur les commerces qui subissent des pertes de revenus, moins de liquidités, donc plus grand risque de faillite.

Cela est évidemment aggravé par la fermeture des restaurants, bistros et bars, ainsi que de nombreux commerces de proximité, qui aussi risquent aussi la faillite…

Avec toujours, pour tous ces commerces, des conséquences sur leurs propres sous-traitants/fournisseurs qui… etc.

6. Baisse des prix des actions en bourse

C’est sans surprise qu’avec toute cette situation économique, les bourses mondiales soient fortement en baisse. Si vous avez des actions ou des fonds de placement, vous en subissez les conséquences! Les gens auront l’impression d’être moins riches, ce qui pourrait les inciter à consommer moins. On revient aux points précédents : consommation en baisse et anticipations négatives des investisseurs.

Et la bonne nouvelle?

La bonne nouvelle, c’est que l’on connaît approximativement la fin de l’histoire. Avec les données épistémologiques sur la Covid-19, et voyant ce qui se passe en Chine, on peut dire que la crise durera environ trois à quatre mois, peut-être cinq. Oui c’est long, mais quand les gens reviendront au travail, l’économie reprendra.

Ça paraît long, 3-4 mois. Mais contrastons avec une crise économique normale. Habituellement, une récession débute par un événement négatif, les bourses qui s’écroulent par exemple. Puis, les entreprises et les investisseurs forment des « anticipations négatives » qui les incitent à mettre sur la glace leurs investissements. Donc, moins de dépenses, ce qui affecte des sous-traitants/fournisseurs, qui ont un impact sur leurs propres sous-traitants/fournisseurs, et cela se propage à l’ensemble de l’économie.

C’est un cercle vicieux. Plus les entreprises retardent leurs investissements, plus l’économie ralentit, plus les investisseurs forment des « anticipations négatives », plus ils ont peur d’investir… Plus ça va mal, plus ça va mal!

Pour résoudre une crise normale, ça prend des bonnes nouvelles pour que les gens cessent d’avoir des « anticipations négatives ». Ce n’est pas facile de briser le cercle vicieux des anticipations négatives, et ça peut durer des années. La Grande Crise de 2008 a perduré presque 8 ans!

Mais avec la crise de la Covid-19, on connait la fin de l’histoire à l’avance. On sait, à un ou deux mois près, quand tout cela va se terminer.

Actuellement, les gens en confinement dépensent moins car ils ne peuvent pas sortir. Quand cela prendra fin, il y aura un boom de consommation qui risque de relancer l’économie.

Et les entreprises pourront reprendre leur production, et elles auront besoin de refaire des commandes à leurs sous-traitants/fournisseurs.

Et là, ça sera un cercle vertueux, le contraire du cercle vicieux des anticipations négatives : plus de consommation et plus de contrats, plus d’entrées d’argent, plus de contrats et de consommation, plus d’anticipations positives, plus d’investissements, plus de dépenses, plus de consommation et plus de contrats, etc.

D’ici là, le gros problème, c’est le manque de liquidités. Pour les individus et pour les entreprises, comment survivre à ces trois à quatre mois avec de telles pertes de revenus? Certains devront faire faillite malheureusement.

C’est sur ce problème de manque de liquidité que les gouvernements doivent impérativement et urgemment intervenir, pour soutenir les entreprises et les individus en état de fragilité financière. On en parle demain dans mon prochain Blogue économique.

Prochain blogue : Comment lutter contre la crise? La réponse des gouvernements

Conte du Nouvel An : Greta et les quatre chevaliers de la substitution , La Presse

Article d’opinion, La Presse+, Publié le 12 janvier 2020 à 12h00

En ce début d’année 2020, la petite Greta regardait la neige tomber doucement, à travers la fenêtre du salon de sa demeure à Stockholm. Bien calée dans un grand sofa de cuir chaud et douillet, elle songea à son long pèlerinage des derniers mois, à tenter de convaincre les gouvernements d’agir promptement contre le réchauffement de la planète. Un sentiment d’épuisement et de lassitude l’envahissait. « Tout avance si lentement… », pensait-elle.

Pour lire la suite: https://www.lapresse.ca/debats/opinions/202001/11/01-5256478-conte-du-nouvel-an-greta-et-les-quatre-chevaliers-de-la-substitution.php?fbclid=IwAR38hlgpVGVUcez1jMk4GdVOjBQG9N2s_kQgKuJhxEDu7fyfrFiHrCUMIY0

 

Élections Québec 2018: Comparaison des programmes économiques

 Évaluation Élections 2018 Image

Élections Québec 2018

Mon évaluation des plateformes économiques

Frédéric Laurin, PhD en économie
Professeur en économie, École de gestion, Université du Québec à Trois-Rivières, Chercheur à l’Institut de recherche sur les PME (INRPME)

Voici une analyse des engagements électoraux en matière de développement économique des quatre grands partis politiques provinciaux du Québec.

Je donne une note sur 10 au programme de chaque parti selon la capacité de ses engagements électoraux à concrètement et efficacement améliorer la situation économique du Québec en matière de développement économique.

Aussi, je donne un smiley-147407_640 pour les propositions que j’apprécie particulièrement et un disapprove-149251_640 pour les propositions qui me semblent être de mauvaises idées.

Pour certaines mesures, j’ajoute aussi un commentaire éditorial en caractère rouge italique.

Mise en garde : cette évaluation découle d’une initiative neutre et non partisane. Elle ne présume aucunement de mes allégeances politiques ni de mon vote le 1er octobre.

Note : il y a d’autres thèmes extrêmement importants dont on doit tenir compte pour faire un choix éclairé aux élections du 1er octobre (santé, l’éducation, etc.). Notamment, j’aurais souhaité ajouter le développement durable à ces critères, un enjeu crucial pour le Québec. On pourrait dire que tous ces sujets affectent l’économie d’une façon ou d’une autre. Mais je me concentre uniquement sur les aspects de développement économique parce que 1) je n’ai pas les compétences pour procéder à l’analyse des autres sujets; je laisse à d’autres commentateurs le soin de le faire; 2) je n’ai pas le temps de décortiquer l’ensemble des plateformes électorales au-delà de l’aspect développement économique.

Ma note sur 10 des plateformes économiques

CAQ

7,4/10

PLQ

7,5/10

PQ

7,9/10

QS2

6,5/10

Appréciation générale

(entre parenthèse, la note aux élections de 2014)

CAQ

7,4/10

(8/10)

Vision intéressante, mais pas assez détaillée

La CAQ est-elle prête pour le pouvoir?

La CAQ se donne comme objectif de rattraper le niveau de richesse des provinces voisines, notamment l’Ontario, par une série de mesures touchant le développement régional et le soutien à divers secteurs d’activité (nouvelles technologies, secteur agro-alimentaires, mines, foresterie, etc.). Ses propositions reprennent les idées du Projet Saint-Laurent. Avec ce projet, François Legault offre une vision du développement économique originale et intéressante. Mais en même temps, j’avais critiqué plusieurs éléments du Projet Saint-Laurent dans un Blogue économique. Le plan d’ensemble est intéressant, mais, dans le détail, il ne semblait pas bien comprendre les fondements du développement économique. J’écrivais ceci : « le projet de la CAQ pointe dans la bonne direction. Mais ce n’est pas suffisant. Pour un parti qui n’a pas d’expérience de gouvernance, la CAQ doit absolument démontrer qu’elle est prête à assumer le pouvoir ». La plateforme économique de la CAQ version 2018 pointe aussi dans la bonne direction. Le diagnostic est souvent juste et pertinent. Le problème, c’est le souci du détail. Un grand nombre de propositions me semblent soit très vagues, soit déjà mises en œuvre. A plusieurs reprises dans mon analyse, je me demande donc ce que la CAQ souhaite apporter comme changement exactement. Je crains que de nombreuses propositions n’aient qu’un impact minime compte tenu l’existence de politiques similaires déjà mises en œuvre d’une façon ou d’une autre. L’objectif de la CAQ de rattraper le niveau économique de l’Ontario risque d’être plus long que prévu!


PLQ

7,5/10

(6/10)

Dans la continuité...

Le PLQ compte poursuivre des stratégies déjà mises en œuvre. Peu de nouvelles mesures en développement économique.

Le PLQ est au pouvoir et son intention est de poursuivre la stratégie économique développée à titre de gouvernement dans les dernières années.

C’est l’avantage d’être au gouvernement.

Plusieurs plans gouvernementaux touchant le développement économique ont déjà été annoncés ou mis en œuvre. Sans être excessivement ambitieux, ce sont des plans essentiellement cohérents et pertinents, allant dans la bonne direction, et utiles pour l'économie du Québec.

Mais, en revanche, il y a peu de nouvelles mesures, le PLQ s’appuyant sur ces politiques gouvernementales déjà annoncées. C’est un peu pépère et ennuyant comme programme. Le PLQ manque d’inspiration…Pour toutes ces raisons, j'accorde la moyenne au PLQ, soit 7,5/10

Le programme ressemble beaucoup à celui de la CAQ, mais il est plus précis. C’est peut-être l’avantage d’être au gouvernement. Ça n’empêche pas le PQ (voir mon commentaire sur ce parti) d’avoir un programme très détaillé et précis. sans être au gouvernement.

J’accorde une meilleure note (de peu) au PLQ par rapport à la CAQ pour ce souci du détail et parce que le PLQ prend vraiment au sérieux l’enjeu crucial des pénuries de main-d’œuvre.


PQ

7,9/10

(8,5/10)

Un programme très détaillé, mais touffu

Le PQ propose une plateforme économique très détaillée et un cadre financier crédible. Mais on peine à trouver une ligne directrice claire.

Le PQ présente une plateforme et un cadre financier extrêmement détaillés, bien davantage que ceux de la CAQ et du PLQ. Sa plateforme est aussi un peu plus ambitieuse.

Évidemment, le PQ a une fâcheuse tendance à faire de l’activisme gouvernemental tout azimut. On ne sent pas une ligne directrice claire en matière de développement économique, sauf peut-être en ce qui a trait à l'économie numérique. C’est une plateforme touffue qui va dans tous les sens. Je suis certes un partisan du volontarisme politique, mais je crains une surenchère d’initiatives étatiques éclatées, dans des domaines divers, sans une réelle stratégie cohérente et interreliée.

Ceci dit, je lève mon chapeau à sa vision du développement régional, et surtout son plan de décentralisation. Ce plan, très détaillé et crédible, s’approche sensiblement de mes propres propositions sur le développement régional. Ils répondent tout à fait aux enjeux régionaux. C’est assez ambitieux.

Mais on verra si le PQ aura le courage d’aller jusqu’au bout de cette ambition s’il est élu.


QS2

6,5/10

(3,5/10)

Au pays des licornes et des Calinours

QS a vraiment fait un énorme travail pour crédibiliser sa plateforme économique. Plusieurs bonnes idées. Mais tout s'écroule avec son cadre financier simplet et surréaliste.

QS a vraiment fait tout un travail pour bonifier et crédibiliser son programme économique. Les tirades archaïques romantico-révolutionnaires ont été retirées.

De plus, on y trouve plusieurs très bonnes idées, notamment en matière de décentralisation régionale, de transport urbain, d’accès à internet, de conciliation travail-famille, de transition énergétique et de taxes foncières.

Résultat : ma note passe de 3,5 à 6,5 /10.

Mais en même temps, le programme contient de nombreuses fausses bonnes idées. Par exemple, la nationalisation des entreprises de transports interrégionaux par autobus n’est pas utile pour réaliser l’objectif souhaité.

De plus, QS ne présente pas vraiment une vision intégrée et complète du développement économique. Par exemple, peu de mesures touchent les PME et l’innovation. Rien sur les exportations et l’entrepreneuriat.

QS pourra arguer que son plan de transition énergétique (que je considère comme étant nécessaire) est un plan de développement économique. Oui c’est un plan qui a des impacts positifs sur plusieurs secteurs économiques, mais non ce n’est pas une vision intégrée du développement.

QS présente à la fois le programme le plus long, et le plus vague. C’est une longue liste de tout ce que QS aimerait changer dans la société. C’est facile de proposer mer et monde quand on sait qu’on ne se fera pas élire, tout en disant que l’argent viendra des riches et des grandes corporations. Il y a là une facilité intellectuelle que je n’apprécie pas. Le vrai courage politique, c’est de faire des choix, des arbitrages et se donner des priorités. Dans le monde magique de QS, on peut tout promettre à la fois. J’aime beaucoup son plan de transition énergétique. Il me semble que ça devrait être la priorité en l’appuyant sur un financement crédible.

Il est important d’avoir un parti de gauche crédible, pour le bien de la pluralité politique, mais aussi parce que QS porte une partie des espoirs de la jeunesse qu'il ne faut pas décevoir à terme. On peut être à gauche et économiquement crédible. Je leur souhaite de travailler avec de réels économistes pour les prochaines élections.


Faits saillants

CAQ

Rattraper le niveau de richesse des provinces voisines, notamment l’Ontario

Décentralisation : plus de pouvoirs et d’autonomie pour les régions

Industrie maritime : Projet Saint-Laurent. Tirer profit du fleuve et redynamiser cet important secteur économique au Québec (tourisme, transport, pôles logistiques)

Créer des zones d’innovation dans les régions. Favoriser l’émergence de nouveaux secteurs technologiques et industriels. Encourager les entrepreneurs qui se démarquent et la collaboration universités-entreprises.

Réduction des niveaux d’immigration pendant quelques années

Simplification du régime fiscal : une seule déclaration à remplir pour les deux ordres de gouvernement, administrée par Québec.


Faits saillants

PQ

• Décentralisation : construire avec les régions une loi-cadre sur la décentralisation et la régionalisation.

• Économie verte : stratégie de transformation industrielle vers l’économie verte

• Politique de souveraineté alimentaire

• Stratégie pour soutenir l’économie numérique

• Hausser le salaire minimum à 15 $ de l’heure d’ici octobre 2022

• Prix de l’essence : créer un Bureau de la protection des consommateurs du Québec (BPCQ). Première mission : enquêter sur le prix de l’essence.

• Réduire le coût du transport aérien : imposer un prix plancher pour les billets d’avion pour les vols régionaux + casser le monopole d’Air Canada

• Caisse de dépôt et placement du Québec : modifier sa mission dans le cadre d’une stratégie de « nationalisme économique »


Faits saillants

PLQ

Augmenter quelque peu les niveaux d’immigration dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.

Outre l’immigration, plusieurs mesures pour contrer les pénuries de main-d’œuvre

Réduction du fardeau fiscal des PME 

Continuation de plusieurs politiques gouvernementales déjà mises en œuvre : compétitivité des entreprises et industrie 4.0, plan d’action en entrepreneuriat, économie numérique, réussite en éducation et en enseignement supérieur, Stratégie québécoise de l’exportation, etc.


Faits saillants

QS2

• Créer l’Agence du transport interurbain (nationalisation des compagnies privées de transport)

• Création de conseils régionaux de développement (CRD)

• Créer RÉSEAU QUÉBEC : Nationalisation de la distribution Internet

• Gratuité scolaire du préscolaire jusqu’à l’université (élimination des frais scolaires)

• Hausser le salaire minimum à 15 $ de l’heure

• Extension des congés de travail (vacances, congés parentaux, journées de maladie, etc.)

• Projet-pilote de revenu minimum garanti dans plusieurs municipalités

• Immigration : faciliter l’intégration et bonifier les droits des travailleurs étrangers.

• Plan de transition énergétique


Points positifs et négatifs

 

 

CAQ

Points positifs

• Plusieurs mesures pertinentes qui touchent le développement régional

• Plus de pouvoirs et d’autonomie pour les régions. C’est cohérent avec mes propositions.

Points négatifs

• Le diable est dans les détails et j’espère que la CAQ dispose d’un plan de mise en œuvre de ses politiques plus détaillé et structuré s’il arrive au pouvoir.

• Dans un contexte de graves pénuries de main-d’œuvre, ce n’est certainement pas le bon moment de réduire le nombre d’immigrants. Je préfère nettement une grande stratégie pour mieux choisir les immigrants et pour faciliter encore davantage leur intégration. Pas moins d’immigrants, mais mieux choisir et mieux intégrer.

PLQ

Points positifs

• Le gouvernement a mis en œuvre plusieurs stratégies touchant le développement économique qui, sans être excessivement ambitieuses, sont cohérentes et pertinentes. Mais ce sont des mesures déjà existantes.

• Le PLQ prend au sérieux l’enjeu des pénuries de main-d’œuvre.

Points négatifs

• Il y a très peu de nouvelles mesures, le PLQ comptant sur les plans gouvernementaux déjà annoncés ou mis en œuvre. On aurait pu s’attendre à une stratégie beaucoup plus ambitieuse de la part d’un gouvernement qui doit faire oublier les dégâts causés par l’austérité budgétaire.

PQ

Points positifs

• Le plan de décentralisation régionale : ambitieux, crédible et répondant aux défis régionaux.

• Le PQ a étonnamment une approche très pragmatique de l’immigration dans un contexte de pénuries de main-d’œuvre. Il propose plusieurs mesures pour attirer des immigrants en région notamment.

Points négatifs

• A part l’économie numérique et l’éducation, le programme du PQ parle peu d’innovation.

• Le programme du PQ contient beaucoup de mesures et d’objectifs, qui sont décrit par des verbes tels que « soutenir », « favoriser », « augmenter », « mettre en œuvre » … Je crains une surenchère d’initiatives étatiques éclatées, dans des domaines divers, sans une réelle appréciation de l’efficacité réelle de ces mesures.

QS2

Points positifs

• Prend les grands moyens pour assurer un réseau internet et cellulaire, ainsi que du transport interrégional partout sur le territoire.

• Le transfert de points d’impôt aux municipalités pour réduire leur dépendance aux taxes foncières.

• Création de conseils régionaux de développement (ressusciter les Conférences des élus abolies par le PLQ).

Points négatifs

• QS ne propose pas une réelle vision intégrée du développement économique. Peu de choses pour les PME et l’innovation. Rien pour l’exportation et l’entrepreneuriat.

• Des nationalisations qui sont mal conçues ou inutiles, alors qu’il existe des moyens plus simples et moins intrusifs pour atteindre, avec plus d’efficacité, les mêmes objectifs.

Comparaison et évaluation par thème

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Élections 2015: Comparaison des plateformes économiques

Élections fédérales 2015 : Mon évaluation des plateformes économiques

Frédéric Laurin, PhD en économie
Professeur en économie, Département des sciences de la gestion, Université du Québec à Trois-Rivières, Chercheur, Institut de recherche sur les PME (INRPME)

Voici une analyse des engagements électoraux en matière de développement économique des quatre grands partis politiques fédéraux se présentant aux élections du 19 octobre prochain.

Je donne une note sur 10 au programme de chaque parti selon la capacité de ses engagements électoraux à concrètement et efficacement améliorer la situation économique du Canada en matière de développement économique.

Pour certaines mesures, j’ajoute aussi un commentaire éditorial en caractère italique.

Évidemment, c’est comme un bulletin scolaire : pour justifier le vote d’un électeur, il ne faut pas seulement avoir une bonne note dans une matière (l’économie), mais dans l’ensemble des matières.

Mise en garde : il y a d’autres thèmes extrêmement importants dont on doit tenir compte pour faire un choix éclairé aux élections du 19 octobre (le Canada dans le monde, l’environnement, la démocratie, la lutte contre la pauvreté, etc.). On pourra dire que tous ces sujets affectent l’économie d’une façon ou d’une autre. Mais je me concentre uniquement sur les aspects de développement économique parce que 1) je n’ai pas les compétences pour procéder à l’analyse des autres sujets; je laisse à d’autres commentateurs le soin de le faire; 2) je n’ai pas le temps de décortiquer l’ensemble des plateformes électorales au-delà de l’aspect développement économique.

Mes commentaires et la note
Résumé des plateformes
Les plateformes par thèmes économiques

Mes commentaires et la note

Note sur 10 Commentaires
 PC  

6.8/10

Rien de bien nouveau ou d’original au PC : continuation de la politique économique menée depuis 10 ans.

Le plan est essentiellement basé sur des baisses et des crédits d’impôts.

Mais les entreprises du Canada bénéficient déjà de l’un des taux d’imposition les plus bas parmi les pays développés. Je ne vois pas comment une stratégie essentiellement basée sur des allégements fiscaux va contribuer à relancer l’économie canadienne et la projeter dans l’économie du savoir du 21ième siècle.

Depuis son arrivée au pouvoir, le PC n’a aucune réelle stratégie industrielle autre que les baisses d’impôts. Résultat : il suffit d’une baisse des prix du pétrole pour entraîner le Canada en récession.

Mes analyses Twitter des budgets du gouvernement Harper montre l’absence d’une stratégie économique globale, les budgets se résumant souvent à une longue série de petites mesures visant à favoriser des micro-clientèles ciblées.

Le PC est un parti de droite. On ne s’attend pas de lui une implication forte dans les marchés économiques. Mais, pour prendre une analogie de hockey, on ne lui demande pas de jouer sur la patinoire, mais simplement de tracer une stratégie générale pour l’équipe, pour que les joueurs puissent jouer avec cohérence.

Donc, une stratégie pour que le Canada devienne un leader de l’innovation et de la R&D, et non pas un pays juste bon à extraire des ressources naturelles.

Si vous êtes de droite politiquement ou économiquement, le programme du PC, très cohérent dans sa logique, n’est pas strictement mauvais. Mais dans l’absence d’une stratégie industrielle et d’innovation claire, je donne une note à peine au-dessus de la note de passage.

 PLC  

7.7/10

C’est assez audacieux de proposer un déficit budgétaire – même modeste – pendant les trois prochaines années, de façon à augmenter les investissements.

Le PLC serait-il en train de passer à la gauche du NPD? Augmentation des impôts des plus riches, pluie de nouvelles dépenses, déficits budgétaires, investissements massifs dans divers domaines, etc.!

Promettre et dépenser : le retour des vieillesses recettes, comme l’évoquait le journaliste de La Presse Yves Boisvert lors du débat des chefs à Radio-Canada? Peut-être.

Sauf que, dans les vieilles recettes, les gouvernements s’endettaient pour payer la « liste d’épicerie », c’est-à-dire les dépenses courantes.

Mais un investissement, ce n’est pas une dépense. Car il est certain que le gouvernement doit accélérer ses investissements dans le tissu économique du Canada, y compris dans le transport collectif, l’innovation et les infrastructures vertes. Le plan libéral répond à cette exigence.

Mais est-ce nécessaire d’être au prix d’un déficit budgétaire, alors que l’on vient à peine d’atteindre l’équilibre budgétaire après 8 ans d’endettement?

Tout dépend en fait de l’état de l’économie dans les prochains mois. Si la récession persiste, le gouvernement va se diriger vers un déficit budgétaire de toute façon, peu importe le parti et leurs promesses. Dans ce cas, les investissements massifs des Libéraux pourraient avoir un effet bénéfique en relançant l’économie pour éviter qu’elle ne s’enfonce davantage dans la récession.

Le PLC propose d’ailleurs une proposition intéressante et originale : créer une Banque de l’infrastructure du Canada, permettant aux municipalités canadiennes de bénéficier des faibles taux d’intérêt du gouvernement canadien.

Les plans des Libéraux et du NPD sont globalement très similaires. Mais je donne une note très légèrement supérieure aux PLC pour tenir compte de leur stratégie un peu plus audacieuse et originale (mais de très peu).

 NPD  

7.4/10

Le NPD propose un plan économique très cohérent et solide, mais assez modéré, ce qui place le parti résolument au centre-gauche sur l’échiquier politique. Le plan économique est à l’image d’un parti qui aspire au pouvoir. Absolument rien pour engendrer des catastrophes économiques, contrairement à ce que laisse entendre M. Harper.

Le plan inclut des mesures très classiques d’un parti de centre-gauche: investissements dans les infrastructures, le transport en commun, et plusieurs secteurs économiques (automobiles, aérospatial, bois, tourisme, etc.), salaire minimum fédéral, assurance médicaments universelle, programme national de garderies, augmentation des taxes sur les grandes sociétés, etc., le tout sans déficit budgétaire.Ceci dit, outre l’ampleur des investissements en infrastructure et le déficit public, le plan du NPD est très similaire à celui des Libéraux, d’où une note presque similaire, mais peut-être avec un petit peu moins d’audace ou d’originalité.

 BQ  

5/10

Le Bloc québécois n’a pas vocation à prendre le pouvoir. Il ne présente donc pas une stratégie économique complète et détaillée.

Plutôt, il évoque quelques mesures et revendications qui touchent le Québec et qui sont, pour la plupart, très pertinentes. Mais ce n’est pas suffisant pour former un plan économique cohérent.

De nombreuses propositions qui apparaissent aussi dans le programme d’autres partis de gauche (Libéraux, NPD, Verts).

 Parti vert  

6.5/10

Comme il fallait s’y attendre, le programme du PV s’articule surtout autour du concept de développement durable. Comme le montre les exemples de l’Allemagne, les pays scandinaves ou les États-Unis, le passage vers une économie durable crée des emplois et de la richesse. Le plan économique du PV repose sur ce principe.

Mais comme le Bloc québécois, le PV n’est pas un parti qui a vocation à prendre le pouvoir le 19 octobre prochain. Ainsi, la stratégie économique du PV, bien qu’intéressante, est beaucoup plus incomplète que les grands partis.

Il y a quelques éléments originaux, tels l’impôt négatif (recommandé par plusieurs économistes) et cette idée de « rente » sur le carbone qui est directement retournée aux contribuables.

Mais j’aurais préféré un système comme en Norvège où les taxes sur le carbone sont plutôt investies dans des projets de long terme, pour que les revenus provenant du pétrole puissent bénéficier à plusieurs générations.

Enfin, cela m’amuse de noter que le PV compte sur les « plombiers, les électriciens et les charpentiers » pour créer des emplois durables et dynamiser l’économie canadienne. Pourquoi ces métiers plus spécifiquement que d’autres?

Résumé des programmes

Note/10

7/10

7.6/10

7.4/10

5/10

6/10

  PC PLC NPD BQ Parti vert
Résumé Tout est basé sur trois éléments :

1. Baisse de la fiscalité

2. Maintien de l’équilibre budgétaire

3. Investissements ciblés

L’objectif du PC est de créer 1,3 millions d’emplois d’ici 2020.

Le « Plan » économique libéral vise essentiellement à augmenter les investissements dans les infrastructures :

· Transport collectifs
· Infrastructures vertes
· Infrastructures sociales

Près de 6 milliards de dollars supplémentaires au cours des quatre prochaines années, et 20 milliards sur 20 ans.

En contrepartie, le PLC prévoit un déficit de moins de 10 milliards de dollars au cours des deux prochains exercices financiers pour pouvoir financer cette augmentation des investissements en infrastructures.

La stratégie économique du NPD repose essentiellement sur des investissements en infrastructures et en transport en commun, financés notamment par une hausse des impôts sur les grandes sociétés. Donc, le NPD maintiendrait l’équilibre budgétaire. · Appuyer des secteurs économiques importants pour le Québec (industries forestière, bois, voitures électriques, etc.)

·  Plan d’investissement dans les infrastructures: 10 milliards par année

·  Augmentation du taux d’imposition des banques et des grandes sociétés.

 

·  Établir un Fonds canadien des générations durable.

· Instaurer un Revenu de subsistance garanti (RSG) pour lutter contre la pauvreté.

· Plan de rente et dividende du carbone. Il s’agit de fixer une sorte de « taxe » (que le PV appelle une « rente ») sur le carbone et ces revenus seront retournés directement dans les poches des Canadiens de plus de 18 ans.

 

Les plateformes par thèmes économique


Infrastructures
Équilibre budgétaire
Impôts et taxes
Innovation et formation
Emploi
PME
Économie et environnement
Stratégie manufacturière et autres secteurs

Thèmes
PC PLC NPD BQ Parti vert
Infrastructures Continuation des investissements prévus dans le programme d’infrastructure.

Le dernier budget conservateur avait déjà prévu des augmentations des investissements en infrastructures.

Infrastructures : Près de 6 milliards de dollars supplémentaires au cours des quatre prochaines années, et 20 milliards sur 20 ans :

·  Transport collectifs (quadrupler les investissements).

·  Infrastructures sociales (logements abordables, établissements pour personnes âgées, pour l’apprentissage préscolaire et la garde d’enfants, loisirs et culturelles).

·  Infrastructures vertes

Création d’une Banque de l’infrastructure du Canada (BIC). Vise à aider les municipalités à obtenir du financement aux mêmes taux d’intérêt très bas du gouvernement fédéral. La BIC émettra une obligation « verte » pour appuyer de petits et grands projets d’énergie renouvelable

Idée assez originale du PLC concernant la création d’une Banque de l’infrastructure du Canada. Permet aux municipalités de faire des emprunts pour investir dans les infrastructures aux mêmes taux d’intérêt très bas du gouvernement fédéral. Les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas depuis de nombreuses décennies. M. Trudeau a raison de dire que c’est le meilleur temps pour investir, d’abord compte tenu de ces taux d’intérêt historiquement bas, deuxièmement parce que les infrastructures canadiennes vieillissent rapidement (exemple : Pont Champlain qui tombe!), et troisièmement parce qu’une récession pointe le bout du nez et qu’il serait alors raisonnable d’insuffler à l’économie canadienne un petit stimulant économique. Mais de là à créer un déficit budgétaire?

Infrastructures : 1,5 milliard par année pour les infrastructures sur 20 ans.

« Plan Mulcair » pour le transport en commun : 1,3 milliard par année pour le transport en commun sur 20 ans.

Verser une partie de la TPS aux municipalités pour les aider à investir dans les infrastructures.

 

 

Création de la Société de financement des infrastructures environnementales. Permet de financer les infrastructures sans augmenter le déficit direct du gouvernement, et d’éviter les interférences politiques et les négociations interminables.10 milliards $ par an.

 

 

Le Fonds canadien des générations durable (voir plus haut) va financer des investissements dans des infrastructures vertes et les infrastructures dans les villes. 6,4 milliards $ par an.

Transfert d’un point de pourcentage de la TPS aux municipalités pour financer leurs infrastructures.

Création d’une Banque canadienne pour les infrastructures.

Pont Champlain Pas de péage sur le nouveau Pont Champlain

Financement en partie d’un système léger sur rail sur le nouveau pont Champlain + navette rapide vers l’aéroport de Montréal.

S’oppose au péage sur le nouveau Pont Champlain. S’oppose au péage sur le nouveau Pont Champlain et exigera du fédéral qu’il verse au Québec les fonds nécessaires pour mettre en place un train léger électrique sur le pont.
Équilibre budgétaire Maintien de l’équilibre budgétaire qui a été atteint cette année. Modeste déficit à court terme de moins de 10 milliards de dollars au cours des deux prochains exercices financiers pour pouvoir financer l’augmentation des investissements en infrastructures. Maintien de l’équilibre budgétaire. Déficit en 2015-2016 et des surplus budgétaires les deux années suivantes. Surplus budgétaires.
Impôts sur les grandes entreprises Maintenir une taxation basse. Rien de prévu. Hausse du taux d’imposition des grandes entreprises de 15% à 17 %. Hausse du taux d’imposition des grandes entreprises de 15% à 16,5%. Hausse du taux d’imposition des grandes entreprises de 15% à 19% (niveau d’avant 2009).
CELI et fractionnement du revenu Maintien de l’augmentation de la limite du CELI. CELI : annulation de la hausse de la limite du CELI.

Annulation du fractionnement du revenu familial.

Le gouvernement Harper vient de hausser la limite d’un CELI à 10 000$.

 Pour le PLC, le NPD et le Bloc, la hausse de la limite du CELI et le fractionnement du revenu sont apparentés à des réductions d’impôts pour les plus riches. Ils souhaitent donc abolir ces mesures.

CELI : annulation de la hausse de la limite du CELI.

Annulation du fractionnement du revenu familial.

Le gouvernement Harper vient de hausser la limite d’un CELI à 10 000$.

 Pour le PLC, le NPD et le Bloc, la hausse de la limite du CELI et le fractionnement du revenu sont apparentés à des réductions d’impôts pour les plus riches. Ils souhaitent donc abolir ces mesures.

CELI : annulation de la hausse de la limite du CELI.

Annulation du fractionnement du revenu familial.

Le gouvernement Harper vient de hausser la limite d’un CELI à 10 000$.

 Pour le PLC, le NPD et le Bloc, la hausse de la limite du CELI et le fractionnement du revenu sont apparentés à des réductions d’impôts pour les plus riches. Ils souhaitent donc abolir ces mesures.

Élimination du fractionnement du revenu pour tous à l’exception des retraités.
Taxations et impôts Loi contre les hausses d’impôts et de taxes.

 Ça m’étonnerait que le PC tienne vraiment cette promesse. Le pouvoir de taxation est l’un des plus importants d’un gouvernement. Il serait étonnant qu’un gouvernement se départisse de la possibilité de pouvoir augmenter les taxes et les impôts lorsque les circonstances économiques l’exigent.
Classe moyenne : baisse du taux d’imposition de la classe moyenne. La tranche d’imposition passera de 22 % à 20,5 %).

Hauts revenus : introduire une nouvelle tranche d’imposition de 33 % pour les revenus de plus de 200 000 $ (les 1% les plus riches).

Bonifier le Supplément de revenu garanti.

Lutte contre les échappatoires fiscales.

Le PLC augmente l’impôt des plus riches (au-dessus de 200 000$) et baisse celui de la classe moyenne.

Pas de changement sur la fiscalité des individus.

Supprimer la déduction pour les options d’achat d’actions.

 

 

 

 

Lutte contre les échappatoires fiscales.

 

 

 

 

 

 

 

 

Lutte contre les échappatoires fiscales.

 

Bas revenus : élimination de l’impôt pour les particuliers dont le revenu est inférieur au seuil de faible revenu de 20 000 $.

Impôt sur les successions de 1 M$ ou plus.

 

 

Lutte contre les échappatoires fiscales.

Plan de rente et dividende du carbone. Il s’agit de fixer une sorte de « taxe » (que le PV appelle une « rente ») sur le carbone et ces revenus seront retournés directement dans les poches des Canadiens de plus de 18 ans.

Mais j’aurais préféré un système comme en Norvège où les taxes sur le carbone sont plutôt investis dans des projets de long terme, pour que les revenus provenant du pétrole puissent bénéficier à plusieurs générations.

 

Instaurer un Revenu de subsistance garanti (RSG) pour lutter contre la pauvreté. Le RSG remplacerait les transferts fédéraux pour l’aide sociale, le soutien aux personnes handicapées, la Sécurité de la vieillesse (SV), le Supplément de revenu garanti (SRG) pour les aînés, la Prestation fiscale canadienne pour enfants (PFCE), le Supplément de la prestation nationale pour enfants (SPNE) pour les parents avec enfants et la Prestation fiscale pour le revenu gagné pour les pauvres.

Il s’agit d’un impôt négatif. En haut d’un certain niveau de revenu, on paie de l’impôt, mais sous ce niveau, on reçoit un revenu garanti.

Innovation Voir stratégie manufacturière ci-dessous. Nouveau programme d’innovation : 200 millions de dollars par an.

Programme d’aide à la recherche industrielle : 100 millions de dollars par an.

 

Nouveau crédit d’impôt à l’innovation.
Éducation post-secondaire Frais de scolarités postsecondaires :

·  réduire les taux d’intérêt sur les prêts fédéraux

· accroître le nombre de bourses offertes au niveau fédéral (250 millions $ de plus).

Frais de scolarités : annuler les droits de scolarité au collège et à l’université.
Formation de la main-d’œuvre  Le crédit d’impôt pour la création d’emplois d’apprentis va augmenter de 2 000 $ à 2 500 $, et être prolongé aux troisième et quatrième années de la formation en apprentissage. Programmes de formation : hausse de 750 millions de dollars par an dans divers programmes de formation (en coopération avec les provinces).

Hausse de l’investissement dans la formation professionnelle.

Élargir l’accès aux formations professionnelles (créer au moins 90 000 opportunités de formation et de transition au travail). Dynamiser l’accès aux programmes d’apprentissage dans les métiers clés, dont : l’électricité, la plomberie, la charpenterie, la tuyauterie et le soudage.

Les charpentiers au secours de l’économie canadienne??

Emploi chez les jeunes Stratégie d’emploi pour les jeunes : 1,3 milliard de dollars sur trois ans dans la création d’emplois et de débouchés pour les jeunes. Toutes une série de mesures financières qu’il serait impossible de résumer ici. Bonification de programmes existants pour les jeunes et pour la formation.

 

Créer de nouveaux débouchés pour 40 000 jeunes

· emploi, stage rémunéré ou poste en alternance travail-études. En partenariat avec l’industrie, les PME, les ONG et l’administration publique

· créer des postes d’apprentis dans les projets fédéraux d’infrastructures

Crédit d’impôt pour jeune diplômé en région.
Emploi Objectif : créer 1,3 millions de nouveaux emplois d’ici 2020. Annuler les changements apportés à l’assurance-emploi par le gouvernement Harper et développer un système d’assurance-emploi plus versatile et accessible.

Congé parental et assurance-emploi : assouplir les critères pour rendre le congé plus flexible.

Soins de compassion  et assurance-emploi : accès élargi aux prestations de compassion (pour les gens dont les proches souffrent de maladies graves).

 

 

 

 

 

 

Congé parental: aider les parents en leur offrant des congés parentaux plus longs.

Soins de compassion : pour les gens dont les proches souffrent de maladies graves.

Augmenter le salaire minimum fédéral.

Élaborer un Plan national de création d’emplois durables, visant à « lancer une armée de charpentiers, d’électriciens et d’entrepreneurs pour améliorer l’efficience énergétique des immeubles ».

Et bien, on aime les plombiers et les électriciens au PV!

Accès à la propriété Objectif : vise à ajouter plus de 700 000 nouveaux propriétaires d’ici 2020.

Plan d’allégement fiscal.

Augmenter le Régime d’accession à la propriété de 25 000 $ à 35 000 $.

Nouveau Crédit d’impôt pour la rénovation domiciliaire.
Création du Crédit d’impôt pour l’achat d’une première habitation – un crédit d’impôt de 5 000 $.

Maintien de l’augmentation de la limite du CELI. (voir ci-dessous).

L’idée du PC est de réduire les impôts d’une part et de favoriser l’épargne d’autre part, afin que les individus puissent avoir les moyens de s’acheter une maison.

 

Remboursement de la TPS pour la construction de logement locatif.

Flexibilité accrue des retraits autorisés sur un REER lors de l’accession à la propriété.

Étendre les crédits d’impôt à la rénovation domiciliaire pour augmenter l’efficience énergétique des résidences.
Impôts PME Impôts : baisse du taux d’imposition des PME de 11 % à 9 %.
Impôts : baisse du taux d’imposition des PME de 11 % à 9 %. Impôts : baisse du taux d’imposition des PME de 11 % à 9 %. Impôts : baisse du taux d’imposition des PME de 11 % à 9 %.
PME autres mesures Réduction des cotisations à l’assurance-emploi.

Prolongation du Crédit à l’embauche pour les petites entreprises (AE) en 2011 pour encourager les petites entreprises à embaucher des apprentis et travailleurs spécialisés

Réduire la « paperasserie » (sic) administrative.

Création d’un nouveau Fonds de fabrication de pointe pour appuyer les PME du secteur. Ramener le crédit d’impôt à la R&D pour les start-ups technologiques et les PME innovantes. Subvention à la commercialisation des technologies vertes de 1 milliard $ par année.

Réduire la paperasse imposée aux propriétaires de PME.

Crédit d’impôt sur les fonds de travailleurs

 

Les fonds FTQ et CSN permettent d’investir dans les PME, surtout en régions. Le gouvernement Harper avait aboli le crédit d’impôt qui rendait ces fonds attractifs pour les particuliers qui désiraient investir dans ces outils.

  Rétablir le crédit d’impôt sur le capital de risque des travailleurs. Rétablir le crédit d’impôt pour les fonds des travailleurs. Rétablir le crédit d’impôt pour les fonds des travailleurs.
Immigration (marché du travail) Rendre notre système d’immigration plus efficace et plus équitable afin de soutenir le développement économique, partout au pays

Par « efficace et équitable », le PC fait surtout référence au marché du travail.

Le PLC a des engagements concernant l’immigration et les réfugiés, mais ne touchant pas directement le marché du travail. Faciliter la reconnaissance des diplômes étrangers des immigrants.
Environnement et économie Favoriser les technologies vertes dans les achats gouvernementaux.

Technologies vertes : 200 millions de dollars par an pour créer des stratégies sectorielles favorisant l’innovation et les technologies propres dans le domaine de la foresterie, des pêches, de l’exploitation minière, de la production énergétique et de l’agriculture.

Investir 100 millions de dollars par an dans des entreprises de technologie verte.

Fonds vert municipal de la Fédération canadienne des municipalités pour appuyer les innovations régionales.

Investissements dans le secteur des énergies renouvelables et dans les projets de rénovation.

Investissement pour faire du Québec un fer de lance de la voiture électrique en Amérique du Nord. Établir un Fonds canadien des générations durable. Fonds d’investissement en formation des compétences, en éducation, en efficience énergétique, en développement des produits renouvelables et des technologies émergentes.

Créer un Fonds de commercialisation des technologies vertes.

Ressources naturelles Ressources naturelles : Offrir un allégement fiscal pour l’exploration minière. Combustibles fossiles : suppression graduelle des subventions accordées à la production de combustibles fossiles. Combustibles fossiles : fin de la subvention des combustibles fossiles. Combustibles fossiles : abolir les subventions aux sables bitumineux. Stopper l’expansion des sables bitumineux.

Mettre fin à l’exportation de charbon thermique.

Mettre fin aux subventions à la production de carburants fossiles.

Stratégie manufacturière Voir PME ci-dessus.

Stratégie pour la fabrication basée essentiellement sur des allégements fiscaux.

Fonds de démonstration des technologies de fabrication. Jusqu’à 100 millions de dollars seront alloués sur cinq ans, mais pas avant 2017-2018 !

Créer un Bureau de promotion du commerce et des investissements (guichet unique visant à attirer les mandats de production et les investissements au Canada)

Créer un nouveau Centre de fabrication (soutien de 30 millions $).

 

Voir économie et environnement et PME ci-dessus. Voir aussi économie et environnement et PME ci-dessus

 Aérospatiale : plan national pour l’aérospatiale.

Secteur automobile : stratégie d’emploi pour le secteur automobile canadien (incitatifs pour fabricants de pièces et de véhicules + guichet unique pour attirer investissements + favoriser innovation).

Voir aussi économie et environnement et PME ci-dessus

 Aérospatiale : crédits d’impôt bonifiés pour l’industrie aérospatiale.

Secteur forestier : soutenir l’industrie forestière (soutien aux entreprises et production d’énergie, innovation, 2ième et 3ième transformation).

 

 

 

Voir aussi économie et environnement et PME ci-dessus
Autres secteurs Maritime : Stratégie « Prospérité maritime Québec » en appui à la stratégie maritime du Québec. Investissements dans les infrastructures maritimes. Culture : investir dans les industries de la culture, notamment :

·  Rétablissement des financements de CBC/Radio-Canada

·  Doubler financement du Conseil des arts du Canada

·  Investissement dans infrastructures culturelles

·  Promotion des arts et de la culture à l’international

 

Culture : rétablir le financement de CBC-Radio-Canada.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Secteur forestier : investissements stratégiques dans le secteur forestier du Canada pour créer de l’emploi et appuyer l’innovation axée sur la durabilité de l’industrie.

Tourisme : hausser le financement dans le domaine du tourisme. Stimuler l’industrie touristique : 30 millions $ sur trois ans pour appuyer la campagne Accueillir l’Amérique de Destination Canada.

Culture : augmentation des budgets de Téléfilm Canada, du Conseil des arts du Canada et de la Société Radio-Canada, abolition de la TPS sur les livres, création d’un Fonds du long métrage documentaire et création d’un programme de promotion des arts à l’international.


Bois : favoriser l’utilisation de bois dans les édifices fédéraux

Gestion de l’offre : protéger la gestion de l’offre au sein du traité de libre-échange avec l’Europe

Fromage : programme d’aide de 300M$ pour venir en aide aux producteurs de fromage face au traité de libre-échange avec l’Europe

Agriculture : Augmentation des sommes prévues au cadre stratégique agricole pour les programmes Agri-relance et Agri-stabilité.

 

Culture : réinvestir dans CBC – Radio-Canada, les arts et la culture du Canada, la télévision et le cinéma.

 

 

 

 

 

 

Favoriser l’alimentation locale et les petits producteurs.

Médicaments Assurance médicaments universelle. Rendre les médicaments sur ordonnance plus abordables :

·  Ajouter couverture universelle de médicaments au régime d’assurance maladie

· Contrôler leur coût grâce aux achats en masse.

Baisser le prix des médicaments d’origine (nouvelle méthode de fixation des prix). Assurance médicaments : création d’un régime national d’assurance-médicaments, pour faire diminuer les prix des médicaments grâce à l’avantage de l’achat en gros.
Autres mesures  

 

Diverses mesures pour réduire les frais bancaires.  Par exemple: limiter à 0,50$ les frais par transaction au guichet automatique et un plafond raisonnable des taux d’intérêts pour les cartes de crédit. Lutter contre les frais bancaires excessifs.

 

 

 

 

 

François Legault, Maire de Montréal?

Réflexions sur le livre de François Legault « Cap sur un Québec gagnant  – Le Projet Saint-Laurent».

Le développement économique est un enjeu politique majeur pour le Québec. Malheureusement, depuis 10 ans, on peine à trouver des stratégies de développement claires et cohérentes dans le programme des partis politiques québécois ou canadiens (voir par exemple mon analyse des programmes économiques des partis provinciaux aux dernières élections).Cap sur un Québec gagnant

Avec la publication de son ouvrage « Cap sur un Québec gagnant », François Legault, le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), fait maintenant exception. A travers son Projet Saint-Laurent, il offre une vision très personnelle et enthousiasmante de l’avenir économique du Québec.

Son projet se déploie autour de cette richesse collective que représente le fleuve Saint-Laurent : création d’un cluster de l’innovation dans la vallée du Saint-Laurent, valorisation du fleuve et de ses magnifiques paysages comme facteur d’attraction des investissements, de qualité de vie et de stimulation des activités récréotouristiques, renforcement du transport fluvial afin de placer le Québec au cœur d’un réseau multimodal de transport en Amérique du Nord, etc.

L’ancien dirigeant d’Air Transat en profite pour discuter d’éducation, d’universités, de centres de recherche, de productivité des entreprises, d’exportations, etc. Excellent!

Et c’est peut-être le seul leader politique issu d’un parti majeur au Québec à lier aussi clairement, avec éloquence et sans hypocrisie électoraliste, le développement économique aux arts et la culture ainsi qu’à la protection de l’environnement. Car on entend trop souvent cette petite musique de droite qui présente l’écologie comme un ennemi de l’économie ou le monde des arts comme un club d’artistes gâtés vivant au crochet de la société, au mépris des théories économiques les plus récentes.

Ceci dit, je reformule les mêmes critiques à propos du Projet Saint-Laurent que lors de son dévoilement il y a un an (un blogue intitulé « Le Plan Sud de la CAQ : beaucoup de silicone, peu de valley… »). François Legault veut créer un cluster de l’innovation dans la Vallée du Saint-Laurent, un territoire long de 500 km. Il ne semble pas comprendre la notion de proximité et de distance. Son livre abonde d’exemples à suivre dans le monde : la Silicon Valley, Boston, Helsinki, Tel-Aviv, Barcelone, Cambridge, Bilbao, Anvers, etc. Quelle est la caractéristique commune à tous ces endroits? Ce sont des VILLES, pas des PROVINCES!

Le succès d’un cluster repose sur la proximité géographique des participants : entreprises, financiers, universités, autorités publiques, etc. Il est plus facile de coopérer en face à face qu’à distance; les bonnes idées se diffusent beaucoup plus facilement au sein d’une ville où les gens se côtoient et se rencontrent régulièrement. Un cluster entre Montréal, Québec et Sherbrooke en passant par Trois-Rivières ne fait tout simplement pas de sens.

Mais François Legault va encore plus loin dans sa confusion entre une ville et une province. Chef d’un parti provincial, il expose dans son livre un programme politique qui l’aurait probablement fait élire Maire de Montréal aux élections municipales de novembre dernier!

Revitalisation des rives du Saint-Laurent, dépollution des eaux afin de permettre la baignade à Montréal, construction ou rénovation des usines montréalaises de traitement d’eau, développement urbanistique du Havre de Montréal (cette zone située entre les ponts Jacques-Cartier et Champlain) , revitalisation des vieux quartiers industriels, décontamination des terrains de l’Est de la ville, et j’en passe.

Quel beau programme pour une ville!

Et je dirais même plus, si le PQ et le PLQ sont accusés de venir allègrement piger dans les idées de la CAQ, l’ouvrage de François Legault semble s’inspirer franchement d’un programme d’un certain parti municipal à Montréal.

Voici sa proposition pour réparer ce gâchis qu’est la rue Notre-Dame à Montréal : «Il faut transformer la rue Notre-Dame en un boulevard urbain à début moyen, rationaliser les activités de camionnage et transformer la rue Notre-Dame en un axe de transport public de pointe en envisageant sérieusement la mise en place d’une ligne de tramway à voie réservée (p. 208). » A la page 209, il poursuit : « Seul un boulevard permettrait la construction de maisons, de commerces et d’immeubles de bureaux. Mais surtout, c’est la seule option permettant d’imaginer qu’un jour le fleuve redeviendra accessible au plus grand nombre ».

Tramway, boulevard urbain, accès au fleuve, construction d’immeubles de bureaux? Ceci ressemble étrangement au projet d’Entrée maritime de Montréal, proposé par Projet Montréal!

Tout ceci pour dire que le développement économique va nécessairement de pair avec le développement régional. Chaque région du Québec fait face à des problématiques économiques très différentes. Ceci appelle donc des stratégies économiques distinctes d’une région à l’autre.

Québec continue d’imposer des politiques de style « top-down » en imposant aux régions un modèle de développement. Or, les théories modernes de développement suggèrent plutôt des politiques de type « bottom-up » par lesquelles l’ensemble des acteurs socio-économiques se mobilisent pour développer une stratégie régionale commune et cohérente qui sera ensuite présentée au gouvernement provincial.

En discutant essentiellement d’enjeux régionaux, François Legault semble reconnaître cela. Mais il ne propose rien en matière de décentralisation régionale ou de responsabilisation des acteurs régionaux à propos de leur propre développement économique.

A quand au Québec une véritable politique régionale de développement?

A travers son bouquin, François Legault montre qu’il a l’intuition de ce qu’est une stratégie cohérente de développement économique. Mais au-delà de cette grande vision mobilisatrice, on attend avec impatience le programme économique détaillé de la CAQ.

Pour une agence régionale de développement économique

Article d’opinion paru dans Le Nouvelliste.

http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/opinions/201310/30/01-4705200-pour-une-agence-regionale-de-developpement-economique.php

La Mauricie souffre économiquement. Alors que les fermetures d’usines se multiplient, la région arrive au tout dernier rang parmi les régions québécoises en matière de performance économique, selon nos calculs. Cette situation tristement exceptionnelle appelle une solution innovante et ambitieuse.

À l’INRPME, suite à nos analyses, nous avons identifié une série de facteurs clés pouvant assurer le succès de la diversification économique de la région. Le premier facteur, c’est la nécessité du partenariat. D’abord, entre les entreprises afin de renforcer leur compétitivité. Or, en Mauricie, elles collaborent trop peu sur des projets structurants communs. Ensuite, les filières industrielles de la région se déploient sur l’ensemble du territoire, incluant Bécancour. Ainsi, leur essor exige une action coordonnée entre les multiples organismes de développement économique de la région.

Le deuxième facteur de réussite, c’est l’importance d’une stratégie intégrée traitant de l’ensemble des problématiques économiques: entrepreneuriat, créneaux porteurs, pénurie de main-d’oeuvre, financement, décrochage scolaire, innovation, exportation, infrastructures, économie sociale, etc. Troisièmement, elle doit s’inscrire dans une vision à long terme, à la fois réaliste et ambitieuse. Ceci implique de définir des indicateurs de performance pertinents, évalués régulièrement, permettant de réajuster la stratégie en conséquence. De bonnes nouvelles ramèneront la confiance, créant un effet d’entraînement fructueux.

Enfin, il est très important que la stratégie économique mobilise toutes les forces vives de la région autour d’objectifs communs largement publicisés. Tous ces facteurs clés justifient la création d’une agence régionale de développement économique, pour l’ensemble de la Mauricie et Bécancour, afin de:

  • définir et mettre en oeuvre une stratégie cohérente et multidimensionnelle à long terme;
  • assurer la coordination et la mobilisation;
  • réaliser une évaluation régulière des performances et redéfinir la stratégie en conséquence.

Le rôle de l’agence s’apparenterait à celui d’un chef d’orchestre assurant la crédibilité à long terme du processus de diversification. Surtout pas de technostructure ici; légère et peu coûteuse, elle viendrait s’appuyer sur les compétences locales déjà existantes (CLD, mairies, différents ministères, Investissement-Québec, Emploi-Québec, centres de recherche, etc.).

Idéalement, son fonctionnement serait financé conjointement par des fonds publics et privés. En effet, le leadership et l’implication des gens d’affaires de la région constituent un autre facteur clé. De plus, l’agence pourrait coordonner des montages financiers provenant de diverses sources afin de générer un réel effet de levier sur l’économie régionale.

Le fonds de diversification octroyé par le gouvernement du Québec suite à la fermeture de Gentilly-2 représente une incroyable opportunité d’amorcer enfin ce grand virage économique. Mais sans une véritable prise en main locale, cela ne sera pas suffisant.

Il est grand temps pour la région de tracer collectivement sa propre destinée économique.

Frédéric Laurin, Ph.D. en économie et professeur à l’UQTR et à l’Institut de recherche sur les PME.

 

http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/opinions/201310/30/01-4705200-pour-une-agence-regionale-de-developpement-economique.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B2_opinions_465_section_POS3

Politique économique du Québec – Mon analyse twitter

Voici mon analyse twitter de la nouvelle Politique économique du Québec présenté par le gouvernement de Pauline Marois en octobre passé.

  1. Pol. industrielle du Qc Miser sur ls créneaux d’excellence ACCORD. Quelle évaluation depuis sa création? Et quelle mise à jour des créneaux?

  2. Pol. industrielle du Qc. Synergies régionales entre CLD, IQ et bureaux régionaux du MFEQ: très très bonne idée,

  3. Pol. industrielle du Qc. Et les PME de services à valeur ajoutée, on en fait quoi???

  4. Pol. industrielle du Qc Crédit d’impôt pour les PME manufacturières pour l’utilisation de TIC. L’innovation, c’est plus large que cela!

  5. Pol. industrielle du Qc. Aider 300 PME à grossir. Mais diagnostic fait par des fonctionnaires. Et pourquoi pas des spécialistes en PME???

  6. Pol. industrielle du Québec. Difficile sans une politique régionale sérieuse. S’adapter aux problèmes et tissu industriel de chaque région.

  7. Pol. industrielle du Québec. Misez sur les PME et les gazelles. Excellente idée!!!

  8. Pol. industrielle du Québec. Qui décide des créneaux d’excellence? Sur quelle base?

  9. Pol. industrielle du Québec. Je suis d’accord!!! MAIS le diable est dans les détails. Donnons plus de responsabilités aux régions

Plan Nord : quand la boussole perd le Sud

C’était  « toujours plus à l’Ouest » chez le professeur Tournesol, mais au Parti libéral du Québec, on persiste à s’orienter vers le Nord en matière de stratégie économique, alors que la boussole du « vrai » développement économique, quant à elle, pointe obstinément vers le Sud.

Car sommes-nous, avec le Plan Nord québécois, en train de tuer notre tissu industriel au Sud, lui qui est tissé d’une multitude de petites et moyennes entreprises certes ingénieuses, exportatrices et innovantes, mais pourtant si fragiles? Explications.

L’exploitation massive des matières premières du Nord québécois exige de considérables quantités de  ressources, qu’il s’agisse de travailleurs spécialisés, de financement de projets, d’infrastructures de transport et de logement, etc. Or, ces ressources sont globalement limitées dans une économie. Si nous les consacrons davantage au Nord, c’est en grande partie au dépend du Sud (c’est le principe de l’allocation des ressources et de la spécialisation en économie).
Source: Journal de Québec, 9 mai 2011

Exemple patent : le grave problème des pénuries de main-d’œuvre. Les PME québécoises sont désespérément à la recherche de travailleurs spécialisés. Or, de plus en plus,  ces spécialistes prennent le pari d’aller travailler dans le Nord, attirés par des rémunérations très compétitives. Dans cette catégorie, on retrouve plusieurs professions très demandées par les entreprises du Sud : ingénieurs et techniciens, mécaniciens industriels, opérateurs de machines, ouvriers de la construction, spécialistes en technologies de l’information, etc. Exemple dans l’industrie aéronautique.

Et lorsqu’une entreprise du Sud est incapable de combler sa main-d’œuvre, ça signifie concrètement qu’elle n’aura pas toutes les compétences nécessaires pour produire davantage, développer des nouveaux projets, répondre à de nouveaux contrats, gagner des nouveaux marchés à l’étranger, etc. Donc, on ralentit le développement de nos entreprises manufacturières au Sud pour satisfaire les besoins du Nord.

Autre conséquence négative du Plan Nord, mais encore plus gravissime, c’est le risque d’affaiblir durablement notre capacité d’innovation. Pour être concurrentielles, les entreprises du Sud doivent se montrer innovantes. Or, l’innovation génère l’innovation, puisque l’on développe souvent de bonnes idées sur la base d’autres idées. Par exemple, il aurait été impossible d’inventer la microbiologie sans l’invention du microscope. Apple a créé le iphone parce que le téléphone cellulaire et le lecteur MP3 avaient été préalablement développés.

Surtout, les bonnes idées se transmettent souvent d’une entreprise à l’autre. Donc, lorsqu’une firme innove, cela risque d’inspirer la créativité chez les firmes voisines. Ce phénomène, que l’on appelle en économie « externalités technologiques », est très documenté et constamment vérifié sur le terrain par les chercheurs. C’est ainsi que, dans une région donnée, plus il y a d’innovations, plus les entreprises seront capables d’innover, augmentant la quantité d’innovations dans la région, ce qui permet aux firmes d’innover encore plus, etc. Le processus d’innovation, avec ces « externalités technologiques », fait boule de neige.

Toutefois, l’exploitation des ressources naturelles dans le Nord engendre vraiment peu d’innovation. Certes, il exige l’utilisation de machines technologiques. Mais cela ne crée pas de nouvelles idées. Ainsi, plus le Québec concentre son économie dans le Nord, plus il se spécialise dans un secteur peu innovant, au détriment de l’innovation dans le Sud. Ce faisant, on n’alimente pas l’effet « boule de neige » de l’innovation que je viens de décrire.

Bref, le Plan Nord oriente le Québec vers une stratégie économique centrée sur l’exploitation des ressources naturelles – à l’image de nombreux pays en voie de développement – alors que les autres pays développés misent sur les secteurs innovants et à valeur ajoutée, tels que la pharmaceutique, les nanotechnologies, les énergies renouvelables, les nouvelles technologies de l’information, etc.

Et, dans 50 ans, alors que les mines du Nord commenceront à dépérir, que ne nous restera-t-il? Le secteur industriel dans le Sud. Et là, nous aurons accumulé 50 ans de retard en innovation et en développement de marché.

Super comme stratégie de développement économique…

Soyons clair. Je ne suis pas contre l’exploitation des ressources naturelles. Au contraire, c’est une richesse inestimable pour le Québec.

Mais n’oublions pas le  « vrai » développement économique, c’est-à-dire la capacité de créer plus de valeur ajoutée avec les mêmes ressources. Lorsqu’une entreprise invente un nouveau produit et qu’elle l’exporte partout dans le monde, elle crée quelque chose à partir de son ingéniosité, de ses talents de commercialisation et de gestion, et des compétences de ses travailleurs. L’innovation et la créativité se nichent au cœur de ce processus, et c’est dans le Sud où tout cela se passe.

À l’opposé, extraire des ressources naturelles, ce n’est pas du développement économique. Les ressources sont données par la nature, rien n’est créé. Évidemment, le Plan Nord rapporte énormément d’argent à la collectivité québécoise, et je m’en réjouis. Tout simplement, il ne s’agit pas de développement économique.

Alors, que faire? Et bien, vivement un Plan Sud!!!

Une vraie stratégie de développement économique consisterait à utiliser l’argent gagné dans le Nord (les redevances du gouvernement) pour renforcer la structure productive au Sud. Pas pour payer la liste d’épicerie d’aujourd’hui, mais pour réaliser des investissements structurants pour l’avenir : financer l’innovation et la recherche, le développement de nouveaux produits et de procédés, renforcer nos universités, CÉGEP et centres de recherche, rénover et améliorer nos infrastructures de transport et de technologie, investir dans les énergies renouvelables et les industries porteuses liées au développement durable, investir dans la formation de la main-d’œuvre, stimuler l’entrepreneuriat, appuyer les stratégies d’exportation, etc.

En somme, investir dans notre capacité d’innovation au Sud, au bénéfice des générations présentes et futures. Car les richesses naturelles du Nord représentent un patrimoine pour tous les québécois, aujourd’hui et demain.

C’est d’ailleurs ce que font en quelque sorte les norvégiens avec l’argent qu’ils gagnent grâce à l’exploitation du pétrole. Ces revenus sont versés dans un fonds souverain qui sert à générer un rendement au bénéfice des générations futures.

Ce n’est pas le Plan Nord OU le Plan Sud, c’est le plan Nord POUR le Plan Sud.